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A Genève comme ailleurs, en 2019, les inégalités entre femmes et hommes persistent, encore et toujours. Passés les beaux discours sur l’égalité, il ne reste plus grand monde au moment de voter des mesures permettant de s’approcher de l’égalité dans les faits. Dès qu’il s’agit de réguler le marché ou de voter des budgets en faveur de l’égalité, la droite s’y oppose. Du 8 mars au 14 juin prochain, jour de la Grève féministe, Ensemble à Gauche déposera plusieurs projets afin d’apporter sa contribution en faveur d’une rupture avec une société profondément marquée par les inégalités entre femmes et hommes. Ces projets permettront sans doute de pointer les contradictions d’un système qui veut bien de l’égalité en théorie mais qui refuse de toucher à ses profits quand il s’agit de prendre des mesures concrètes.

Des inégalités persistantes
L’égalité salariale, pourtant prévue par la loi, n’est toujours pas effective. La conciliation entre vie familiale et vie professionnelle reste très difficile. Il n’existe toujours pas de congé paternité et le manque de place dans les crèches pose un problème récurrent. Enfin, les violences en tout genre, sexisme ordinaire, harcèlement, agressions sexuelles, viols, sont une menace permanente pour beaucoup de femmes. Autant de problèmes qui pourraient pourtant être réglés avec une véritable volonté politique.

Du 8 mars au 14 juin : plusieurs projets EàG en faveur de l’égalité
En 2019, notre société reste profondément sexiste et patriarcale. Et nombres d’institutions étatiques et de prestations publiques reproduisent des mécanismes opprimant les femmes. Il est temps de rompre avec les fondements profondément sexistes et patriarcaux de notre société : l’égalité des droits accordée il y a bientôt 30 ans avec la Loi sur l’égalité doit impérativement se traduire dans les faits, sans plus attendre ! Après le dépôt de divers textes l’année dernière en faveur de l’égalité salariale, d’un projet de loi introduisant un salaire minimum cantonal, d’une motion pour une éducation mettant l’accent sur l’égalité entre les genres et pour un soutien accru aux associations travaillant dans le domaine et, plus dernièrement, d’un projet visant à démasculiniser la législation genevoise, EàG proposera, d’ici au 14 juin, plusieurs nouveaux objets au Grand Conseil dans ce sens.

Rendre les crèches et le parascolaire accessible à toutes et tous
La gratuité des crèches pour les ménages précaires, ainsi qu’une garantie d’une place de crèche par enfant, feront l’objet d’une proposition. Sans décharger les communes de leur compétence en la matière, il s’agirait d’encadrer la progressivité des coûts par le canton et d’améliorer l’accessibilité à cette prestation en s’appuyant sur une solidarité intercommunale accrue. Des projets similaires seraient déposés en ce qui concerne les cantines scolaires et, plus largement, le parascolaire.

Mettre sur pied un congé parental, dans les limites du droit fédéral
Alors que la Berne fédérale pensait accorder deux semaines de congé aux pères à l’occasion de la naissance d’un enfant, Ensemble à Gauche considère qu’une mesurette de ce type est bonne à prendre mais qu’elle appartient au passé. Le Groupe parlementaire analyse actuellement avis de droit et d’expertes afin de proposer prochainement la mise sur pied d’un congé parental dans le canton de Genève. Du fait de l’impossibilité de modifier le modèle fédéral de l’assurance maternité et d’imposer aux employeurs privés des congés non-prévus par le droit fédéral, EàG est à la recherche de solutions qui permettront d’imposer par la bande aux employeurs privés un congé en faveur du deuxième parent. D’une durée égale au congé maternité, il pourrait être pris simultanément ou de manière décalée.

Outre ces deux grands projets, qui visent une répartition plus juste des tâches, un transfert de la charge mentale ainsi qu’un soutien accru aux femmes précaires, qui paient très cher les inégalités, d’autres textes seront déposés avec le même objectif de changer en profondeur les mentalités et la réalité des femmes au travers d’actions volontaristes.

8 mars 2018 : des objets déposés par EàG en faveur de l’égalité salariale encore en traitement
Le 8 mars de l’année dernière, EàG déposait, aux côtés de ses partenaires de l’ « Alternative », plusieurs projets en faveur de l’égalité salariale. Il est inacceptable qu’en 2019 les femmes gagnent toujours près de 20% de moins que les hommes et qu’elles reçoivent des rentes en moyennes inférieures de 37% à celles des hommes. Alors que trois de ces objets sont encore en traitement en commission, une résolution destinée à Berne contenant de nombreuses réclamations en faveur de l’égalité salariale a été votée par le Grand Conseil cet automne. Au moment d’être votée, cette dernière a été vidée de sa substance – des contrôles et des sanctions pour les entreprises ne respectant pas l’égalité salariale – par un amendement PDC…

Vers la grève féministe, le 14 juin
En 2019, l’égalité entre femmes et hommes n’est toujours pas acquise quand bien même elle est dûment inscrite dans la législation. Loin s’en faut… Les femmes en ont pris la pleine mesure. Le rendez-vous pour la prochaine grève nationale des femmes est pris pour le 14 juin prochain. Ce jour-là, elles croiseront les bras et descendront dans les rues pour faire valoir leurs droits. Elles pourront alors donner un autre retentissement à leurs revendications, tant sur le plan de l’égalité salariale que sur celui d’une autre répartition des tâches éducatives et ménagères, pour une véritable lutte contre le sexisme, pour une sécurité sociale qui prennent enfin mieux en considération le travail éducatif et de care, …

RFFA : 2 x NON à une attaque visant tout particulièrement les femmes
Un autre rendez-vous est également agendé. Celui du 19 mai et de la votation sur RFFA. Ce projet, que ce soit dans sa version cantonale ou fédérale, prévoit une baisse massive de l’imposition des grandes entreprises… et donc des prestations à la population. Ces baisses de prestations toucheront avant tout les femmes, surreprésentées parmi les personnes précaires. Les femmes étant particulièrement exposées à la précarité, une politique féministe conséquente passe aussi par le refus des politiques d’austérité, une augmentation des bas salaires et des prestations sociales.