Il aura fallu qu’individuellement, chacune devant son ordinateur, des milliers de femmes avouent courageusement avoir, elles aussi, subit des violences sexuelles et/ou des violences sexistes pour que les médias et, potentiellement les Etats, s’y intéressent sérieusement. Mais cela ne sous-entend malheureusement pas que ces derniers abordent la question des violences de genre sous un angle structurel… «Cette situation a assez duré», dénonce Jocelyne Haller, députée EàG et candidate au Conseil d’Etat. «Dans une motion déposée cette semaine au Grand Conseil, EàG réclame que les violences de genre soient enfin reconnues comme des violences structurant nos sociétés afin que des réponses globales y soient enfin apportées.» Une série de propositions ont été faites dans ce sens.

Lutter contre les structures sexistes de notre société
Les hashtags, utilisés par des millions de femmes à travers le monde sont censés faire comprendre à la société, comprenez aux hommes, l’ampleur du problème du harcèlement sexuel. «Cette libération de la parole est un début, extrêmement positif, mais entendre les femmes et constater que la violence de genre est quotidienne ne suffit pas», relève Jocelyne Haller. «Les violences sexuelles et le sexisme sont symptomatiques d’un système de domination de genre très largement installé dans toute la société.» Dès lors, la lutte contre ces phénomènes est l’affaire de toutes et tous. Cette dernière ne peut pas être reléguée à la seule initiative individuelle, au travers de recours à la justice par exemple, mais appelle également une réponse structurelle d’envergure dans laquelle l’Etat a un important rôle à jouer.

Le Conseil d’Etat doit lutter contre le sexisme
EàG appelle de ses vœux la mise sur pied de structures institutionnelles permettant l’étude, la compréhension et la gestion des conflits découlant des violences sexuelles et du sexisme. «Les facteurs en jeu dans la production de la domination de genre doivent pouvoir être identifiés, au sein de l’Etat et dans la société genevoise en général, afin de prendre des mesures de lutte contre ce système de domination, notamment au travers de campagnes de lutte contre les violences sexuelles et le sexisme destinées aux secteurs public, privé et associatif», explique la députée. «Autre revendication d’EàG, l’introduction de l’éducation au consentement dans le programme scolaire, consistant à apprendre aux élèves à poser des choix et à respecter ceux des autres, à travers les cours d’éducation sexuelle par exemple

Par ailleurs, la motion réclame un renforcement de la formation visant à améliorer la prise en charge des victimes de violences sexuelles par la police ainsi qu’une réévaluation des subventions aux associations soutenant les victimes de violences sexuelles. Enfin, EàG exige du Conseil d’Etat qu’il entreprenne des démarches auprès de la Confédération réclamant un renforcement de la législation contre les violences sexuelles et le sexisme, largement insuffisantes aujourd’hui. Il va sans dire que, bien que les violences sexuelles s’exercent de manière écrasante sur les femmes, notre motion vise également une protection des hommes subissant ce type de violences.

Retrouvez le texte de la motion en cliquant ici.