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À l’heure où l’on parle beaucoup des inégalités salariales scandaleuses entre femmes et hommes ainsi que de la part très importante de femmes qui font face à la précarité, les inégalités entre hommes et femmes en matière de santé font moins de bruit. « La quasi-totalité des frais liés à la santé sexuelle, à la contraception et à la santé reproductive sont pourtant pris en charge par les femmes », dénonce Stéfanie Prezioso, candidate EàG au Conseil national et au Conseil des Etats. « Il est totalement injuste que les femmes continuent à assumer seules ces coûts, la collectivité doit les prendre en charge ! »

Ensemble à Gauche – Genève (EàG) dépose dans ce sens deux projet au Grand Conseil pour le remboursement de l’ensemble de ces frais par la collectivité et un changement de cap des politiques de santé publique en la matière. Des propositions semblables seront également faites par la gauche de la gauche dans les cantons de Vaud et Neuchâtel.

Le canton doit rembourser l’intégralité de la santé sexuelle
Alors que la responsabilité de la santé sexuelle de l’ensemble de la population est très majoritairement prise en charge par les femmes et que les coûts de la santé reproductive, contraception comprise, pèse quasi-exclusivement sur leur dos également, il est grand temps de changer de cap ! « EàG réclame dans une motion que l’ensemble des frais liés aux protections hygiéniques, aux moyens contraceptifs, aux consultations gynécologiques, à la grossesse ou à l’avortement soient intégralement remboursés par l’Etat », explique Jocelyne Haller, députée EàG. « Si la sécu française prend en charge les moyens de contraception et que l’Ecosse rembourse les protections hygiéniques, il n’y a pas de raison qu’un canton comme Genève n’y parvienne pas ! » Par ailleurs, EàG réclame aussi que le canton révise totalement ses politiques de santé publique dans le souci de parvenir à partager égalitairement la responsabilité de la santé sexuelle entre femmes et hommes.

Un financement au travers d’un « centime additionnel pour l’égalité »
EàG propose que ces mesures soient financées par la perception de “centimes additionnels pour l’égalité” sur le revenu et la fortune des personnes ainsi que sur le bénéfice des entreprises. Leur mise en place coûterait, selon nos estimations, entre 70 et 90 millions par année au canton. « Ce n’est pas grand-chose à côté des cadeaux fiscaux faits aux grandes entreprises avec RFFA, estimés annuellement à plus de 400 millions », estime Stéfanie Prezioso. « Le financement par l’impôt permettrait une participation de chacun selon ses moyens ainsi qu’un partage égalitaire des coûts entre femmes et hommes. » Cette solidarité permettra également de rendre l’accès à ce type de prestations de santé possible pour une part grandissante de la population qui, par manque de ressources, opte pour des franchises élevées et ne consulte jamais.

Un changement de cap aussi au niveau fédéral
Dans un deuxième texte, EàG réclame de l’Assemblée fédérale et du Conseil fédéral qu’ils révisent également entièrement leur politique en la matière. « Berne doit inclure toutes ces prestations dans le catalogue de base de l’assurance-maladie, sans franchise ni quote-part à la charge des assuré-e-s », estime Jocelyne Haller. « Nous n’avons pas d’illusion sur le fait que ces revendications sont bien trop exigeantes au vu de la majorité de droite dure au Parlement fédéral, c’est pourquoi nous demandons que le Canton de Genève joue un rôle de pionnier en la matière, tout comme il l’a fait concernant l’Assurance maternité. » Cette dernière a été mise en place en 2001 à Genève, soit quatre ans avant l’Assurance maternité fédérale.

Tenir compte des besoins des personnes lesbiennes et transgenres
Les textes d’Ensemble à Gauche exigent également que les problématiques spécifiques des femmes lesbiennes, des personnes bisexuel-le-s et des personnes transgenres cessent d’être ignorées par les politiques de santé publique. « Aujourd’hui, l’absence de donnée fiables au sujet des problématiques de santé qui touchent spécifiquement ces populations empêche de mettre sur pied des politiques de santé publiques adaptées à leurs besoins », s’alarme Stéfanie Prezioso. « Il est grand temps de réaliser de larges études visant à définir les besoins spécifiques en matière de santé de ces populations et de mettre en œuvre une politique de santé publique spécifique en leur faveur ». Enfin, une campagne forte auprès des professionnel-le-s de la santé afin qu’elles-ils réalisent des dépistages systématiques des infections sexuellement transmissibles, ainsi que de certaines maladies sexuelles trop souvent sous-diagnostiquées chez les femmes, à l’instar de l’endométriose, est également réclamée.