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À la veille de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie, Ensemble à Gauche (EàG) se réjouit de l’acceptation par le Grand Conseil d’un de ses projets de loi qui vise à inscrire dans la Loi sur l’instruction publique la lutte de l’école contre les discriminations. Alors qu’aujourd’hui, en 2019, certaines directions d’établissements scolaires publics genevois refusent encore des actions de prévention, concernant l’homophobie et la transphobie particulièrement, la nouvelle loi imposera à tous les établissements de les accepter. Un véritable pas en avant lorsque l’on sait que les LGBTIphobies et autres formes de discriminations tuent silencieusement.

Une situation actuelle insatisfaisante
Le Département de l’instruction publique, en collaboration avec le monde associatif, réalise d’ores et déjà un travail considérable en matière de lutte contre divers types de discriminations. Mais cela n’est pas suffisant ! Des directions d’établissements scolaires refusent encore et toujours d’ouvrir leurs portes aux ateliers de prévention contre les LGBTIphobies. Alors que certaines directions prétextent que l’homophobie et la transphobie ne posent pas problème dans leur établissement, d’autres déclarent que lutter contre ces formes de discriminations ne représente pas une priorité. En en 2019, cela est tout simplement inacceptable !

Des discriminations qui tuent silencieusement
Les LGBTIphobies, tout comme le sexisme, le racisme ou encore le validisme, structurent profondément notre société. Une société où le patriarcat conserve un grand pouvoir. Une société dans laquelle les personnes sortant du cadre hétéronormatif ou s’éloignant quelque peu d’une multitude de normes sociales excluantes souffrent. Et cela a des effets bien réels sur la vie de nombreuses personnes. Les discriminations dont certains jeunes sont victimes ont des conséquences graves telles que la souffrance, la perte de confiance, l’échec scolaire, l’agressivité ou encore la dépression…

Plus grave encore, ces discriminations, alliées à une absence totale de repères auxquels s’identifier, contribuent aux dramatiques taux de tentatives de suicide chez les personnes LGBT. Celui-ci est 2 à 5 fois plus élevé chez les jeunes gays et bisexuels et 2 à 4 fois plus élevé chez les jeunes lesbiennes et bisexuelles que chez les jeunes hétérosexuel-le-s. De leur côté, 40% à 45% des personnes transgenres ont fait au moins une tentative de suicide dans leur vie.

Un vrai pas en avant
Le projet de loi d’EàG, qui prévoit «des actions de formation et de prévention dans tous les établissements scolaires» contre les discriminations basées sur l’origine, la situation sociale, l’orientation sexuelle, les convictions ou les déficiences, a été accepté par une nette majorité du Grand Conseil. En commission de l’enseignement, le Département de l’instruction publique était parvenu à évacuer du projet initial d’EàG le caractère obligatoire de la prévention. Notre groupe est cependant parvenu à trouver, en plénière, une majorité acceptant d’amender le texte afin de pouvoir tout de même contraindre tous les établissements à accepter la prévention. Cet ajout fait toute la différence ! Plus aucune école du canton ne pourra, à l’avenir, refuser des actions de prévention essentielles.

Notons que le catalogue des discriminations combattues devrait prochainement s’élargir à l’identité de genre, à la structure familiale, au sexe et à l’âge, lors de l’acceptation prochaine d’un autre projet de loi d’EàG. L’école, lieu de socialisation par excellence, doit former à l’égalité. Cela se fait notamment en donnant à l’école des moyens, légaux mais également financiers, de lutter efficacement contre toutes formes de discriminations. Nous continuerons de lutter en faveur d’un renforcement massif des actions de prévention et de formation à l’égalité afin de permettre à l’école de devenir un véritable lieu d’émancipation qui contribue à changer la société. Nous nous réjouissons que les sept autres objets parlementaires en faveur des droits des personnes LGBTI, déposés par EàG en juillet 2018, soient rapidement traités par le parlement.