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Depuis longtemps, les acteurs de terrain confrontés à la grande précarité alertent systématiquement sur la précarisation grandissante de pans entiers de la population. Ces appels au secours sont restés trop souvent sans écho. Pire, ce silence laissait transparaître une forme de résignation ou d’incurie devant des scènes que l’on croyait révolue de files de « nécessiteux » devant des distributions de nourriture ou aux portes des épiceries sociales, phénomène qui s’amplifie depuis plusieurs années déjà.

Aujourd’hui, plus moyens d’occulter cet affligeante réalité, la pandémie de COVID-19 et la crise économique et sociale qui s’en suit génèrent non seulement une augmentation criante de la précarité dans le canton, mais la fait littéralement exploser à la face de ceux qui pensaient : soit sincèrement qu’elle n’était que résiduelle, soit plus malhonnêtement qu’il suffisait de n’en pas parler pour qu’elle « n’existe pas ».

Pourtant, travailleur.euse.s de l’économie domestiques, employé.e.s précaires sans statut légal, chômeurs en fin de droits, exclus du monde du marché du travail, requérants d’asile déboutés, et bien d’autres – en majorité des femmes – tirant déjà le diable par la queue en temps normal, se sont vus précipité.e.s dans l’extrême pauvreté. Celle qui oblige à faire la queue au vu et au su de tous pour recevoir un sac de nourriture de première nécessité.

Face au scandale de l’exposition de la faim, du dénuement, des associations se sont une fois encore mobilisées. L’Etat a fini par s’engager et trouver des fonds auprès de la loterie (!) pour financer l’aide alimentaire. En revanche, la question des moyens pour assurer cette prestation, celle du soutien aux associations qui ont assurés cette tâche en sus de leurs autres fonctions ou qui ont vu les demandes d’aides exploser, reste posée.

Aussi, le groupe EàG a déposé une résolution invitant le Conseil d’Etat à déposer très rapidement des demandes  de crédits extraordinaires, au titre de subventions cantonales de fonctionnement, aux organisations œuvrant, notamment dans les domaines de l’aide alimentaire, des aides sociales, de la santé, de l’asile ou de la lutte contre les violences sexistes, qui sont engagées dans la prise en charge des besoins sociaux et sanitaires des populations précarisées par la crise économique et sociale.

La résolution n’a pu être traitée en urgence en raison de l’imposante quantité d’objets déposés sur le thème du Covid19. Cependant, de nombreux soutiens parlementaires se sont déjà annoncés pour soutenir cette résolution.

L’aide alimentaire, si elle est actuellement indispensable, ne peut être qu’une solution à court terme. Ce qui doit être assuré à tous et toutes ce sont les moyens de subvenir à leur besoins, d’accéder aux soins, d’obtenir un statut légal, de bénéficier d’une protection en tant que travailleur.euse.s. Toutes choses pour lesquelles le groupe EàG se battra résolument.

Jocelyne Haller