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Le Grand Conseil a renvoyé en commission un projet de loi du gouvernement permettant d’indemniser les travailleurs-euses les plus précaires qui ont perdu leurs revenus durant la crise. Les aides cantonales et fédérales ont en effet exclu de larges secteurs de la population. Le choix du Grand Conseil inquiète et révèle des priorités douteuses alors qu’un prêt de 16.8 millions a parallèlement été accepté pour le salon de l’auto.

Depuis le début de la crise, l’Etat de Genève a multiplié les aides aux entreprises et aux indépendants. Lors de la dernière session, le Grand Conseil avait même voté un complément aux aides fédérales pour les cadres d’entreprises. Pourtant, de nombreuses personnes se sont retrouvées exclues des aides cantonales et fédérales. Il s’agit de travailleurs-euses précaires qui n’ont pas pu bénéficier des RHT. Cela concerne les faux indépendant-e-s, les travailleurs-euses temporaires et en CDD qui ont été remerciés avant l’annonce de l’extension des RHT et des APG, des travailleurs-euses sur appel et des travailleurs-euses de l’économie domestique.

Les syndicats ainsi que de nombreuses associations du social ont alerté à ce sujet depuis plusieurs semaines (lire un article d’UNIA ici), exigeant des aides pour des personnes qui pourraient basculer dans l’indigence. Le Conseil d’Etat a finalement déposé un projet de loi plutôt timide. En effet, il n’a pas souhaité inclure les travailleurs-euses vivant en dehors du canton. La durée de l’aide était par ailleurs limitée à deux mois, alors que la crise persiste pour de nombreux secteurs. Le montant estimé par le gouvernement était de 15 millions, très légèrement supérieur aux dépenses engendrées par le complément d’indemnisation pour les cadres d’entreprises (14 millions) que le Grand Conseil avait voté à une large majorité (tous les partis sauf EàG). Malgré cela, la majorité de droite et du MCG a botté en touche, envoyant le projet de loi en commission.

Ensemble à Gauche s’inquiète des choix de ce parlement, plus prompt à venir en aides aux plus fortunés et au salon de l’auto qu’à aider celles et ceux qui sont dans le besoin. Nous considérons que l’Etat a le devoir d’indemniser celles et ceux qui ont perdu leurs revenus. Nous resterons vigilant-e-s et mobilisé-e-s pour permettre une sortie de crise sans exclusion.

Jean Burgermeister