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La situation des mineurs étrangers non-accompagnés à Genève est grave : l’Etat ne leur propose aucune aide, si ce n’est une brève information au SPMI. De plus, le projet de Conseil d’Etat – projet qui est totalement abstrait et ne prévoit pas de délais de réalisation – est de proposer un simple hébergement d’urgence, contrairement à l’hébergement stable qui est proposé aux mineurs domiciliés dans notre canton. Cette différence de traitement est inadmissible.

Le 7 juin 2019, le Grand conseil a accepté une motion qui invite le Conseil d’Etat à assurer immédiatement une prise en charge immédiate et de qualité des MNA (mineurs non-accompagnés), plus précisément des mineurs étrangers qui n’ont pas déposé de demande d’asile et qui ne sont pas accompagnés d’un représentant légal.

On entend beaucoup parler dernièrement des conditions de prise en charge très insuffisantes des jeunes adultes dans le domaine de l’asile – mais il faut noter que la situation est bien plus grave pour les MNA. Pour ceux-ci, il n’y a tout simplement rien. Sans parents, ils sont refusés à l’entrée des foyers ou des abris destinés à l’hébergement d’urgence. Le SPMI ne leur propose aucune solution. Certaines communes les ont acceptés quelques temps, mais, dépassées par la complexité de leur prise en charge, elles ont fini par y renoncer. En l’état actuel des choses, ils ne bénéficient d’aucune prise en charge, sauf celle offerte par des associations privées.

Or, le Conseil d’Etat, qui est informé de cette situation depuis plusieurs années, ne fait rien pour améliorer cette situation. Dans un arrêté du 28 mars 2018, il a uniquement prévu la mise en place d’un comité de pilotage ayant pour mission la mise en place d’un hébergement d’urgence adapté aux mineurs et ouvert toute l’année, de même que d’un accueil de jour permettant d’accompagner les MNA dans leurs démarches. Lors de son audition par la Commission des droits humains, la Conseillère d’Etat Anne Emery-Torracinta a expliqué, non sans un certain cynisme, que la prise en charge de ces MNA donnait un énorme surcroît de travail au SPMI, que la plupart de ces jeunes étaient des délinquants et qu’une bonne partie d’entre eux ne souhaitaient pas être aidés. Elle a indiqué que le Conseil d’Etat n’avait, à ce jour, pas de bonne solution à proposer.

Cette attitude attentiste, alors que des mineurs dorment dans les rues de Genève faute de mieux, est inacceptable. EAG sait que la situation est difficile, que des jeunes qui ont été désaffiliés socialement n’ont pas forcément envie de se retrouver dans un foyer, que la liberté qu’ils connaissent peu leur sembler plus attirante que de tenter de se former dans un pays dans lequel ils risquent de n’avoir jamais le droit de travailler. Mais il faut y mettre les moyens. Au Conseil d’Etat de se retrousser les manches et d’attaquer ce problème de front !