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Le 22 mars 2019, le Grand Conseil a renvoyé au Conseil d’Etat une motion (M 2489-C) l’invitant à renoncer à la construction d’un centre fédéral d’attente et de départ à Genève pour les migrant·e·s. Un projet qui a fait l’objet de moult débats au Parlement. Lors de cette session le Conseil d’Etat renvoyait aux député·e·s une réponse dilatoire. Preuve de son mépris pour la majorité du Parlement et de son inféodation à Berne. A une voix près, celle du président qui a départagé un vote à égalité, ce rapport a été renvoyé en commission des affaires sociales.

Au lendemain du vote de mars 2019, le Conseil d’Etat participait à une conférence de presse, avec des représentants du Secrétariat d’État aux migrations (SEM) et du Conseil administratif de la commune du Grand-Saconnex, faisant valoir la construction prochaine de ce centre. Infligeant ainsi un camouflet à la majorité du Parlement !

Depuis l’origine de ce projet, le Conseil d’État ne s’est pas démarqué de la politique du SEM. Par le rapport en question, il s’aligne une fois de plus sur la politique fédérale de durcissement des conditions d’asile, en en bafouant ainsi les principes fondamentaux.

Ce n’est pas nous ! dit-il en substance. C’est de la faute de Berne ou bien de la population qui a accepté la révision de la loi sur l’asile qui prévoit la création de ces centres d’attente et de départ.

  • Mais qui a laissé s’instiller le poison du rejet des requérant·e·s d’asile et leur criminalisation ?
  • Qui n’a pas informé sur les violences, les abus, les humiliations vécue par ces personnes sur le chemin de l’exil ?
  • Qui se dissimule derrière les chiffres d’un infléchissement des demandes d’asile, alors que nous savons que cette diminution n’est possible qu’en raisons des murs de la honte érigés autour de l’Europe, et avec le soutien de gouvernements infréquentables ? 
  • Qui enfin fait l’impasse sur les responsabilités de la Suisse, et de ses multinationales dans les motifs qui contraignent des êtres humains à tout quitter, à affronter les routes de l’exil pour tenter de préserver leurs vies et celles de leurs familles lorsqu’ils parviennent à partir avec elle ?

Alors, parce que la résignation n’est pas de mise lorsqu’il s’agit de droit d’asile. Parce que l’on ne peut pas se satisfaire de rester dans l’impuissance face à Berne. Parce qu’il nous incombe d’être cohérents avec notre attachement à une politique d’asile digne de son nom, le groupe EàG a refusé ce rapport du Conseil d’Etat, et a dû au final se rallier au renvoi en commission pour éviter que cette opposition d’une grande partie du Parlement soit purement et simplement occultée.

Jocelyne Haller