fbpx

Le Grand Conseil a refusé ce soir, par 49 voix contre 48, d’accorder le droit de vote et d’éligibilité aux personnes étrangères aux niveaux cantonal et communal. Genève est un canton culturellement hétérogène qui compte 40% de résident·e·s étrangers. Ces personnes travaillent à Genève, sont impliqué·e·s dans la vie sociale et économique du canton et paient leurs cotisations sociales et leurs impôts. La décision du jour marque le mépris des partis de droite pour cette part importante de la population. Ensemble à Gauche, le PS et les Vert-e-s appellent à une rencontre de toutes les forces engagées en faveur des droits politiques afin de discuter du lancement d’une initiative.

Le projet de loi déposé par Ensemble à Gauche, le PS et les Vert-e-s réclamait l’octroi des droits politiques (vote et éligibilité) au niveau communal et cantonal après 8 ans de résidence. Les voix de la gauche, aditionnées à quelques votes de député-e-s PDC qui soutenaient le texte, n’auront de justesse pas suffi. Alors que les personnes étrangères vivent ici et sont soumises aux mêmes devoirs que des personnes suisses, c’est totalement inacceptable qu’elles ne jouissent pas des mêmes droits. 

Vers une démocratie plus représentative, réelle, inclusive et transparente
Il n’existe pas de raisons objectives de priver les personnes étranger·ère·s du droit de s’exprimer en matière cantonale alors qu’on le leur accorde sur le plan communal. Ce d’autant plus que l’expérience du vote des étranger·ère·s au niveau communal depuis plus de 15 ans a fait ses preuves.Le temps est venu de modifier la Constitution afin de permettre aux personnes étrangères de participer pleinement à la vie de la cité. Le tissu social du canton est tel que l’extension des droits civiques aux étranger·ère·s serait davantage en adéquation avec la réalité quotidienne des genevois·es. Genève doit tendre vers une démocratie plus représentative, plus réelle, inclusive et transparente. Pour ces différentes raisons,Ensemble à Gauche, le PS et les Verts appellent à une rencontre de toutes les forces engagées en faveur des droits politiques afin de discuter du lancement d’une initiative.


Commentaire

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé…

Le démocrate Lamartine ne croyait pas si bien dire: tout est « dépeuplé » ou, du moins, le peuple souverain de Genève se voit amputer de dizaines de milliers de citoyen·e·s en devenir, titulaires prévus de droits politiques cantonaux entiers, suite à un député vert qui nous a «manqué» et ayant surtout manqué à son engagement de «remplir consciencieusement son mandat» et de «travailler au mieux au bien de la patrie» comme le dit l’invocation que le président rappelle à chaque séance.

Mais le peuple certain·e·s s’en foutent un peu semble-t-il: qu’on en juge, dans son communiqué de presse de dimanche saluant la victoire électorale de Fabienne Fischer, les Vert·e·s annoncent vouloir « Dès demain, travailler sans relâche pour consolider les forces de la gauche au sein du gouvernement cantonal en vue de 2023. »

Incroyable cécité, le travail imaginé en vue des élections cantonales dans deux ans est à faire «au sein du gouvernement» plutôt qu’en mobilisant la population, les habitant·e·s et les salarié·e·s en défense des intérêts populaires…

Désertion en rase campagne face à l’ennemi
En outre, sans parler du gouvernement c’est « au sein du parlement cantonal » que l’absence inadmissible d’un député vert, absence en lien – nous a-t-on dit de source verte autorisée avec la campagne de Fabienne Fischer – qui nous a fait perdre d’une voix le vote en faveur des droits politiques des étrangers·ères, fruit d’un travail acharné de nombreux élu·e·s et militant·e·s depuis des années. Dont l’association DPGE qu’il faut saluer dans ce contexte.

« Changeons de cap. Maintenant. » disent les affiches défraîchies de Madame Fischer traînant encore sur certains murs… Là, c’est loupé. Le résultat concret de sa campagne, pour le moment, est une régression massive de droits démocratiques vers lesquels on aurait pu avancer de manière décisive la semaine dernière… et l’obligation de recourir à la récolte de l’ordre de 10 mille signatures pour soumettre cette avancée au peuple. Combien de temps Fabienne Fischer passera-t-elle sur nos stands ?

Ainsi plutôt que de « barrer la route à la droite » la campagne de Madame Fischer à « barré la route » concrètement au PL « Feu vert pour les droits populaires ! » déposé par la gauche, les verts et un secteur progressiste en la matière du PDC.

Des magistrats de gauche et vert·e·s muet·e·s
A signaler encore, au chapitre des turpitudes de l’Exécutif… que ni le Vert et ni les deux PS au gouvernement n’ont eu le courage de se lever en séance, au nom du cas de conscience démocratique évident qui se posait, pour briser la collégialité et contredire en direct le magistrat PDC Serge Dal Busco qui a livré au nom de tout le gouvernement monolithique un plaidoyer rétrograde sans nuances et de dernière minute pour la seule naturalisation helvétique comme chemin unique vers les droits citoyens à Genève.

Sur cette question ni Antonio Hodgers, ni la présidente du Conseil d’Etat Anne Emery Torracinta… ni Thierry Apothéloz… n’ont estimé ou osé avoir un mot à dire. Et c’est ce camp-là d’invertébré·e·s sans valeurs que l’élection de Madame Fischer était sensé venir «renforcer» ? Au secours…

Pierre Vanek