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Une majorité allant d’EàG au PDC a été trouvé au Grand conseil pour s’opposer à la création d’un Centre d’attente et de départ pour requérants d’asile au Grand-Saconnex. Un centre qui s’inscrit, comme ses homologues, dans la vaste entreprise de déshumanisation que représente la réorganisation de l’Asile.

Le centre fédéral d’attente et de départ vise essentiellement à accélérer le traitement d’une partie des demandes d’asile afin de hâter le départ de ceux qui n’auront pu obtenir l’ouverture d’une procédure formelle d’asile. Les centre fédéraux d’attentes et de départ – que la Commission fédérale contre le racisme a également mis en question – sont par nature l’antithèse du devoir d’hospitalité qui nous incombe. Ce sont, avant tout autre chose, les instruments de l’organisation du rejet de personnes en péril qui viennent chercher abri dans notre pays. Quelles que soient les améliorations que le canton de Genève est parvenu à obtenir par rapport aux directives fédérales, ces centres se caractérisent, envers et contre tout, par une sorte de de régime semi carcéral pour des personnes, adulte et enfants, dont le seul crime est de venir d’ailleurs et de demander l’asile pour préserver leur intégrité.

D’une taille surdimensionnée, alors que le dispositif actuel est largement sous-employé, situé en bordure de piste de l’aéroport, près d’axes routiers et voisins de bâtiments abritant divers services de police, le centre fédéral d’attente et de départ est voué à incarner une politique de dissuasion et de contrainte, qui ne fait pas honneur à la Genève qui se plait à se désigner comme capitale des droits humains. A n’en pas douter de telles conditions de rétention, et de voisinage ne peuvent qu’encourager les requérants d’asile destinés au renvoi à disparaitre dans la nature pour éviter les vols spéciaux ou une pathétique errance dans les pays environnants. Enfin, la présence sur le sol cantonal de ce centre affectera la répartition des requérants d’asile en fonction de la vocation de ce centre. Ainsi Genève se retrouvera face à une concentration de personnes susceptibles d’être renvoyées, mais qui ne pourront, en réalité, le plus souvent quitter la suisse. Une forme de catégorisation politiquement hasardeuse et manipulable, mais surtout facteur de stigmatisation et d’exclusion sociale.

En acceptant la motion M2489 « Pas de centre fédéral d’attente et de départ à Genève ! » à 53 voix pour contre 45, une majorité s’est certes trouvée pour rejeter un projet irrespectueux des droits des personnes. Il faut savoir cependant qu’il y a dans la somme des oppositions à ce projet de construction des voix qui ne s’insurgent que sur certaines caractéristiques de ce projet : construction en limite de piste d’aéroport, régime semi carcéral, etc… mais qui ne sont pas opposées par principe au concept de centre d’attente et de départ. Ce n’est donc qu’une victoire d’étape. Pour notre part, un tel centre viole les droits humains. Il ne vise qu’à accélérer la cadence de renvois et à diffuser un message de dissuasion. Nous avons combattu ce centre dans le passé, nous continuerons à nous y opposer car l’affaire n’est pas close.

Jocelyne Haller