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Pour lutter efficacement contre la Covid-19 : zéro sans-abri ! Effectivement ceci est une condition sine qua non pour endiguer les contaminations dans certaines catégories de population. Cela étant, avec ou sans Covid, le sans-abrisme est une injustice. Il démontre l’échec des politiques publiques qui devrait assurer à chacun des membres de notre société, leur reconnaissance dans l’espace social, un abri, les moyens suffisants de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs proches. Autant durant cette crise sanitaire qu’en tous temps, notre groupe s’est toujours engagé pour que des réponses cohérentes à court, et à long termes. En l’occurrence, la crainte de l’augmentation des risques de contamination ne doit pas seule guider l’action de l’Etat, la justice sociale, le respect des droits fondamentaux doivent prévaloir.

Un toit, un endroit pour vivre, une place où se sentir en sécurité, un nombre croissant des membres de la population n’en disposent pas. A ce déficit majeur, qui constitue déjà en soit une grave forme d’atteinte à l’intégrité des personnes concernées, s’est ajouté le risque sanitaire augmenté et le risque de désaffiliation sociale qu’il va sans nul doute démultiplier.

Jusqu’ici la question de l’accueil d’urgence constituait depuis des décennies une sorte de triangle des Bermudes.  Les projets y entraient, mais n’en sortaient pas ! La question de la répartition des charges entre les communes et le canton était une zone interdite.

Certes, la crise sanitaire a bousculé les lignes de fronts, et le canton s’est engagé sur des domaines qu’il avait traditionnellement désertés pour les laisser à la charge de la Ville de Genève. Aujourd’hui, on constate un certain nombre de domaine où Canton et Ville de Genève, voire l’association des communes genevoises (ACG) s’allient pour pallier aux besoins des personnes en grande précarité.

C’est incontestablement une avancée.  Il faut la saluer, mais il faut maintenant transformer l’essai et fixer des règles pérennes de répartition des charges et des compétences. C’est pourquoi, non content de soutenir cette motion, notre groupe l’a signée.

Cette motion malgré les efforts déjà consentis reste d’actualité, à plus forte raison si l’on considère qu’à fin mars 2021, la Ville de Genève fermera ses structures. En outre, le financement du collectif CausE arrive à terme fin avril 2021 qui a permis d’assurer l’hébergement de plusieurs centaines de personnes. Enfin, pour ce qui concerne un avant-projet de loi validé par l’ACG, d’ici qu’il soit accepté par le Conseil d’Etat, puis traité par notre parlement, beaucoup d’eau risque de couler sous les ponts.

La motion 2706 a été amendée à l’issue de ces travaux, le terme « ouvrir les structures d’accueil nécessaires » a été remplacé par « maintenir… ».  Ce qui revient à affirmer la volonté de ne pas ouvrir de lieux d’accueil supplémentaires, mais uniquement à maintenir ceux qui sont ouverts, quand bien même nous savons le dispositif insuffisant.

Le groupe EàG le déplore amèrement. Nous avons toutefois voté cette motion ainsi amendée pour ne pas affaiblir le poids qu’aurait pu lui apporter un vote unanime. Mais il n’en demeure pas moins que ce texte a été affaibli considérablement par cet amendement. Et notre groupe reviendra dans un proche avenir avec un autre proposition d’augmentation des places d’accueil pour répondre aux besoins croissants de la population en la matière.