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Tous les groupes, à l’exception d’EàG ont soutenu le projet de loi du Conseil d’Etat reconduisant, simplifiant l’aide aux entreprises pour l’année 2021 et introduisant une nouvelle aide cantonale pour les sociétés n’entrent pas dans les critères de l’ordonnance fédérale.  Les satisfécits fusaient de toutes part alors qu’une fois encore nous nous sommes trouvés devant le même cas de figure qu’en décembre dernier lors du vote des projets de loi dits « cas de rigueur » :  La droite a concédé des millions d’aide aux entreprises sans y opposer en contrepartie des garanties de protection des travailleurs.   

Une fois de plus la préoccupation unilatérale de la droite du parlement s’est affirmée. Alors qu’il est indéniable que les entreprises se trouvent en grandes difficultés et qu’elles doivent être soutenues, elle a fait l’impasse sur l’autre volet de la crise économique que nous connaissons, à savoir la protection et les aides dont les travailler.euse.s ont besoin.

Ceux qui se sont opposés avec le plus d’acharnement aux amendements qui ont été proposés par les syndicats sont ceux qui n’ont eu de cesse de prétendre qu’il n’y a pas besoin d’une protection accrue des employé.e.s durant cette crise,  au motifs que les employeur.euse.s ne licencient jamais de gaité de cœur. C’est sans doute vrai pour une grande partie d’entre eux.elles, mais si l’on observe la réalité force est de constater qu’une  meilleure protection est indispensable.

Nous sommes confrontés actuellement dans notre canton à une démonstration affligeante de ce qu’il faudrait proscrire. Cette situation met en lumière comment une entreprise bénéficiant d’aide de l’Etat, des RHT en l’occurrence par le truchement de l’assurance chômage, n’hésite pas à user de contraintes et de menaces pour imposer des contrats-modification pour imposer des salaires plus bas, une plus grande flexibilité et des détériorations des conditions de travail. Et on ne parle pas là d’une petite entreprise, il est là question d’une multinationale qui ne manque pas de ressources pour affronter la crise :  Swissport, une entreprise qui déclare que 80 % de ses coûts sont constitués par les salaires, une entreprise dont 80% de son personnel est en RHT depuis avril 2020. Alors des aides oui, mais pas sans conditions ! pas d’aide aux frais des travailleur.euse.s et des contribuables à des entreprises irrespectueuses de leurs employé.e.s.

Cet exemple illustre clairement pourquoi nous estimons indispensable de compléter ce projet de loi d’aide aux entreprises par des contreparties directement inspirées par la nécessité de protéger au mieux les employés.  En dépit de cet évidence la majorité de la plénière a refusé les amendements éminemment raisonnables destinés à protéger les travailleurs, à savoir :

  • Empêcher les licenciements
  • En cas de force majeure de déclencher le programme d’employabilité que l’Etat est en train de mettre en place pour favoriser la reconversion rapide des employé.e.s licencié.e.s,
  • De garantir le 100% de la couverture de salaire pour les personnes en RHT jusqu’à concurrence du montant du salaire minimum
  • Que ce différentiel soit intégré dans les coûts fixes de l’entreprise pris en compte dans le calcul de la participation accordée par l’Etat
  • Une sanction en cas d’abus pouvant aller jusqu’à 60 000, — CHF

Au final, seul Ensemble à Gauche s’est opposé à cet hypocrisie, seul notre groupe a dénoncé cette injustice qui consiste à dégager des millions pour les entreprises et à laisser sur le carreau les travailleurs.euse.s.