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La Constitution genevoise était un peu timide au sujet de la culture. L’initiative populaire « Pour une politique culturelle cohérente à Genève » (IN 167) visait à corriger cela, en donnant du corps à l’article « Art et culture », plus particulièrement en imposant au canton et aux communes d’élaborer et de mettre en œuvre une stratégie de cofinancement pour la création artistique et les institutions culturelles.

Plus de 14 000 personnes avaient signé l’initiative et le parlement, lui, l’a votée à la quasi-unanimité. Le peuple devrait donc, en toute logique, accepter à son tour les modifications de la Constitution souhaitées. Si une réelle collaboration entre le canton et les communes se met en place, il est raisonnable d’envisager que la politique culturelle à Genève deviendra plus cohérente. En effet, il est impératif que ce qui se fait en matière de culture, tant sur le plan communal que cantonal, soit à l’avenir mieux coordonné pour tenir compte des besoins.

Mais cette coordination et ce cofinancement qui seront inscrits dans la Constitution, aussi indispensables soient-ils, ne produiront pas les effets escomptés par les milieux culturels et ne répondront pas aux attentes des différents publics si les financements ne sont pas assurés. La culture a un coût, important, mais constitue un investissement qui rapporte, même si les partis de droite omettent ce fait et restent crispés à la simple évocation de dépenser davantage. Une nouvelle politique culturelle impose toutefois de nouvelles dépenses. Le canton peut avoir les yeux de Chimène pour les institutions prestigieuses qui, à l’instar du Grand Théâtre, contribuent au rayonnement de Genève, mais il ne peut les convoiter sans accepter les financements supplémentaires requis.

Les ambitions culturelles pour Genève sont légitimes et communément admises. Il conviendra juste de s’en souvenir quand il faudra délier les cordons de la bourse.