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Il y a moins d’une semaine Ensemble à Gauche (EàG) déposait un projet de loi intitulé «Le parlement n’est pas à vendre» pour demander le plafonnement des dépenses de campagne des partis politiques et une transparence accrue de celle-ci.

Les étranges mécènes de Stauffer
Cette démarche a conduit Eric Stauffer, dans un exercice de gesticulation politicienne un peu pathétique, à affirmer que sa liste «…en Marche» bénéficiait du soutien de non pas un, mais de deux milliardaires affairistes. Ce flot d’argent déversé dans la campagne et cette affirmation de la « normalité » de la marchandisation de nos élections suscitaient déjà le dégoût et appelaient un sursaut démocratique.

Le PLR opposé à la transparence
L’heure est en effet grave: à signaler dans ce contexte, que le PLR au parlement s’est mis à la tête d’une coalition de partis visant à ne pas entrer en matière sur le PL 12215 du Conseil d’Etat qui améliore modestement la transparence en la matière. Un député PLR affirmant même en substance, dans le cadre des travaux en commission, qu’il y aurait un droit personnel, relevant prétendument du «respect de la sphère privée», pour des personnes riches, à pouvoir verser sous couvert d’anonymat des «sommes astronomiques» (sic !) aux «partis qui défendent les personnes les plus fortunées» (resic !) dont évidemment le sien. (Cf. rapport de minorité de Pierre Vanek sur le PL 12215)

Un climat malsain, propice aux dérapages…
C’est dans ce climat malsain de défense par les milieux d’argent, du primat de celui-ci sur l’égalité démocratique que la Tribune de Genève vient nous révéler aujourd’hui une sombre affaire de vente de bulletins de vote présignés… par une des candidates de la liste d’Eric Stauffer. Osez avec ceux qui osent ! dit le slogan de sa liste 9, là une candidate aurait osé en effet… osé violer la loi pour pratiquer la « vente au détail », voix par voix, de ce même parlement, dont son boss – qui se drape de vertu démocratique aujourd’hui pour l’avoir dénoncée – entend acheter une tranche avec l’argent de ses «amis» milliardaires ou promoteurs immobiliers.

Cinquante francs le bulletin de vote, avec 100 000 francs, soit moins du dixième du budget de campagne de Stauffer on s’achèterait ainsi 2000 bulletins de vote! De quoi assurer un quorum par exemple. En outre la candidate en question affirme, paraît-il, avoir déjà vendu des voix à certains partis gouvernementaux à l’occasion d’autres scrutins. Ces partis bénéficient évidemment d’une présomption d’innocence, mais l’allégation même est inquiétante. On se souvient de tel ou tel scrutin où c’est à quelques dizaines de voix que les «partis gouvernementaux» l’ont emporté!

Quant à l’affaire en cours, nous n’avons pas les moyens de dire s’il s’agit d’un faux-semblant visant à discréditer et à perturber un processus démocratique qui ne répond pas aux attentes de «retour sur investissement» de certains où s’il s’agit d’un commerce, illégal mais réel, lié à la profonde corruption morale dans laquelle se complaisent certains adorateurs du fric à tout-prix.

En l’état, Ensemble à Gauche:

  • appelle la justice à mettre tous les moyens pour aller au fond de cette sombre affaire et à éclairer rapidement l’opinion publique sur ses tenants et aboutissants.
  • appelle les citoyen-ne-s en votant EàG Liste 1, à refuser toute voix au parti impliqué dans ce scandale et à ceux qui refuseraient la transparence et le plafonnement des dépenses en matière de vie démocratique, en particulier le PLR.
  • appelle les autorités aller dans le sens de la réintroduction du vote à l’urne, dans les locaux de vote comme seul système garantissant que tout trafic de bulletins de vote soit non seulement interdit, mais impossible.