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En laissant ouvertes des centaines d’entreprises non essentielles pour la couverture des besoins fondamentaux de la population, le Conseil fédéral ne respecte pas les recommandations des spécialistes de santé publique. Chaque jour, des milliers de personnes continuent d’aller au travail, notamment sur les chantiers et dans l’industrie, au risque de leur santé et de celle de leurs proches, alors que leur activité pourrait être arrêtée. Sans solution de garde, nombre de leurs enfants continuent d’être rassemblés dans des structures d’accueil. Le brassage de population continue.

Dès l’arrivée du virus en Suisse, les moyens alloués au système de santé publique auraient dû être augmentés massivement et toute activité de production ou de service non essentielle aurait dû être stoppée net. Plusieurs semaines après, ce n’est toujours pas le cas. En dehors des secteurs arrêtés le 16mars, le Conseil fédéral laisse aux autorités d’exécution le soin de déterminer quelles entreprises doivent encore fermer. Si des Cantons ont pris les devants, ces évaluations au cas par cas vont prendre plusieurs jours, voire semaines, durant lesquels des centaines d’entreprises resteront ouvertes malgré l’infraction aux normes de protection.

L’insuffisance de ces mesures révèle un intérêt prépondérant à préserver les intérêts économiques plutôt qu’à protéger nos vies. Vendredi 20mars, Guy Parmelin confirmait ainsi la priorité du gouvernement à maintenir autant que possible l’activité économique. Cet acharnement à sauver les profits de quelques-uns engendre des morts et aura des conséquences sociosanitaires d’une gravité sans précédent, dont les autorités portent déjà la lourde responsabilité. Il est impératif que les salariés puissent décider de rester à la maison s’ils estiment que leur santé est mise en péril. Plusieurs syndicats appellent ainsi les travailleurs à se mettre en grève pour demander l’arrêt du travail et le maintien des salaires. Ils doivent être soutenus car leur action nous protège.

La lenteur mortifère du gouvernement souligne aussi la nécessité que tous les droits fondamentaux soient préservés, notamment ceux d’expression et d’interpellation, et que les institutions démocratiques ne soient pas mises en shut down. Or, parlements communaux, cantonaux et fédéral sont en arrêt, sous prétexte de crise. Laisser la gestion de la crise aux gouvernements constitue une dérive autoritaire dangereuse. Il faut que les assemblées continuent de contrôler l’action gouvernementale, par exemple en activant un système de délégations réduites ou par vidéoconférence. Ce d’autant que les décisions prises aujourd’hui auront un fort impact sur nos vies futures. C’est maintenant, alors que les esprits prennent plus que jamais conscience de la nécessité de changer de système, qu’il faut penser et préparer le monde de demain. Un monde débarrassé de la mondialisation néolibérale, à la source du démantèlement des systèmes de santé publique et de la propagation d’épidémies comme le coronavirus.

Aujourd’hui plus que jamais, nos vies doivent passer avant les profits de quelques-uns.

Texte de Pierre Conscience, élu EàG VD