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Durant plus de 5 ans, trois appartements situés au 38 rue de la Navigation, appartenant à la Gérance Immobilière Municipale (GIM), ont été laissés vides et à l’abandon. Pire, ils ont même été intentionnellement dégradés afin de les rendre inhabitables. Pourtant, il y a un an environ, des personnes ont rénové ces locaux afin de les réhabiliter et s’y sont installées.

Elles y ont vécu sans que la GIM ne s’en soit rendu compte jusqu’au 4 février dernier, date à laquelle elle a pris connaissance de la présence de ces habitant·e·s dans son immeuble. Or, au lieu d’ouvrir une discussion ou une négociation, la GIM a porté plainte et menace les occupant-e-s d’expulsion. L’association la Navette, constituée par les occupant·e·s, a pourtant proposé de négocier l’établissement d’un bail associatif jusqu’à la rénovation prévue de l’immeuble.

Ensemble à Gauche a décidé de communiquer publiquement pour enjoindre la direction de la GIM et la conseillère administrative en charge, Madame Sandrine Salerno, d’ouvrir la discussion avec les habitant-e-s de ces appartements. Il nous semble en effet urgent d’entamer un dialogue afin de permettre aux actuel·le·s occupant·e·s d’obtenir un bail et abandonner, par la même occasion, la plainte pénale à leur encontre. Nous pensons que la Ville de Genève doit défendre le droit au logement pour toutes et tous et doit renoncer à l’usage de la force à l’encontre des personnes qui cherchent simplement un toit.

Par ailleurs, la gestion par la GIM de ces appartements interpelle Ensemble à Gauche. Compte tenu de la pénurie actuelle qui sévit à Genève, il nous paraît invraisemblable que de tels logements soient restés vides durant des années. Comment est-il possible que la GIM n’ait pas agi plus tôt ? Une telle gestion nous semble contradictoire avec les buts de la GIM et les intérêts prépondérants de la population. A l’heure où la crise du logement s’accentue et touche en premier lieu les personnes à bas revenus, nous nous inquiétons de telles pratiques et demandons clairement qu’elles cessent.

Plus généralement, nous appelons les autorités cantonales et communales à entreprendre tout ce qui est en leur pouvoir pour répondre à la crise des appartements à loyers modérés. L’urgence sociale que cela représente doit justifier des mesures exceptionnelles pour y répondre le plus rapidement possible.

Dans cette situation de grave pénurie et au vue de la faiblesse des politiques sociales du logement dans notre canton, les autorités seront ainsi de plus en plus confrontées aux initiatives unilatérales des habitant·e·s pour répondre à leurs besoins. Elles doivent les soutenir et les accompagner plutôt que les combattre. Quand le droit au logement est bafoué, l’occupation est une nécessité.