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Le Grand Conseil discutait de l’Initiative du Parti du Travail, membre de la coalition Ensemble à Gauche (EàG), pour une assurance cantonale pour les soins dentaires. Le contre-projet, que la droite avait décidé d’opposer à l’initiative afin de diminuer les chances de l’initiative en votation, a finalement été refusé par le Parlement à la faveur d’un revirement du PLR. EàG se réjouit du refus du contre-projet de la droite, ainsi que de la votation qui s’annonce et permettra de doter notre canton d’un modèle d’assurance sociale en matière de santé inédit en Suisse, bien plus juste et social que celui qui prévaut actuellement en matière d’assurance-maladie avec la LAMal. Deux ans après le dépôt de l’initiative par le Parti du Travail, avec un nombre record de 18’000 signatures, il est grand temps que la population se prononce à son sujet.

Le contre-projet de la droite refusé
La population ne se pronnoncera pas au sujet du contre-projet mascarade que la droite a concocté en commission, qui prévoyait uniquement de renforcer la prévention. EàG se réjouit de cette situation inattendue. Pour rappel, la droite dans son ensemble (PDC, PLR, UDC), ainsi que le MCG, avaient décidé d’opposer un contre-projet à l’initiative d’EàG afin de minimiser les chances de réussite de notre initiative devant le peuple. En plénière, le PLR a retiré son soutien au contre-projet. On peut imaginer que le parti, suite au refus vaudois, fait le pari d’un échec de notre initiative. En faisant ce calcul, le PLR néglige les différences démographiques existant entre les deux cantons ainsi que la précarisation à laquelle fait face une part grandissante de la population genevoise. Ce retournement ayant offert un enterrement de première classe au contre projet, la droite est prête à attaquer sans merci l’initiative. EàG est prêt à croiser le fer avec le parti des riches et le reste de la droite afin de défendre les intérêts de la grande majorité de la population, qui peine de plus en plus à faire face à ses charges.

Initiative soins dentaires

L’assurance pour les soins dentaires: une urgence sociale
En Suisse, la santé bucco-dentaire n’est pas couverte par une assurance sociale obligatoire. Cela en fait un révélateur des inégalités sociales : 60% des caries diagnostiquées chez les enfants le sont dans 20% des familles les plus défavorisées. De plus, les problèmes dentaires non traités sont un facteur important de dégradation de la santé publique, provoquant de multiples infections, des maladies cardiaques et même des cancers… Le coût des soins bucco-dentaires est estimé à quelque 250 millions de francs à Genève, dont 225 millions sont à charge des patients. C’est la raison pour laquelle, selon une étude du Bus Santé de 2012, 1 habitant-e de Genève sur 5 – 1 sur 3 pour les bas revenus – doit renoncer à des soins pour raisons financières, essentiellement à des traitements dentaires.

Un coût supportable pour plus de justice sociale
Une assurance publique cantonale permettrait de garantir un accès égal aux soins dentaires. Elle conduirait même à des économies d’ensemble en misant sur la prévention, en contrôlant les tarifs des dentistes et en évitant des complications coûteuses aux patient-e-s. Enfin, son coût, pris en charge proportionnellement au revenu des travailleur-ruses, serait supportable pour la population. L’assurance pourrait être financée par un prélèvement de l’ordre de 0,25% sur les salaires (0,5% en additionnant les prélèvements employé et employeur, soit un montant d’environ 150 millions), sur le modèle de l’AVS. À cela, il faudrait ajouter une contribution supplémentaire de l’ordre de 70 à 80 millions sur le budget de la santé, pour les personnes qui ne cotisent pas à l’AVS.

Un exemple d’assurance publique et sociale
Contrairement à ce qui prévaut en matière d’assurance maladie (LAMal), l’initiative pour les soins dentaires répond aux exigences de notre Constitution : garantir un droit à des soins médicaux essentiels et un accès équitable à des prestations de qualité pour toutes et tous. C’est une excellente réponse à un problème de santé public majeur, qui pourrait servir de banc d’essai à une assurance dentaire fédérale, comme cela avait été le cas de l’assurance maternité genevoise. Cette assurance pourrait également servir d’exemple à la mise en place d’une caisse publique et sociale en matière d’assurance-maladie!