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Texte de l’appel

Le Conseil fédéral doit décréter l’arrêt immédiat de toute l’activité économique non essentielle

L’épidémie de coronavirus continue sa progression exponentielle en Suisse. Les chiffres indiquent que la propagation du virus a augmenté de façon dramatique ces derniers jours. Nous devons prendre des mesures supplémentaires afin d’éviter une catastrophe : le Conseil fédéral doit décréter l’arrêt immédiat de toute activité économique non essentielle sur l’ensemble du territoire, non prioritaire et non urgente, sauf si les travailleur-euses peuvent exercer leur activité à distance (télétravail) ou exercer leur activité seul-e-s.

Depuis quelques semaines, le Conseil fédéral a pris régulièrement des dispositions, bien qu’aujourd’hui insuffisantes, visant à contenir la propagation du virus. La situation actuelle indique que cela ne suffira pas à freiner la pandémie de COVID-19, seul moyen d’éviter la surcharge des hôpitaux. Sans une réduction drastique du nombre de nouveaux cas dans les prochains jours, les personnes malades ne pourront pas toutes bénéficier des soins intensifs dont elles ont besoin, en particulier parce que les contre-réformes du système hospitalier ont fait baisser le nombre de lits d’hôpitaux en soins intensifs. Le personnel soignant, déjà fortement sous pression, devra faire des choix dramatiques en matière d’accès aux soins.

Il est impératif de prendre de toute urgence de nouvelles mesures pour endiguer rapidement de façon significative la propagation du virus. Les autorités fédérales, l’OFSP et le Conseil fédéral, recommandent à la population de limiter ses déplacements au strict minimum, des consignes largement acceptées et respectées. Pourtant, des centaines de milliers de personnes continuent à travailler dans des secteurs d’activités non essentiels, non prioritaires et non urgents, dans l’industrie et la construction notamment. La concentration des salarié·e·s sur les lieux de travail, le fait d’utiliser les transports en commun pour s’y rendre, ainsi que la nécessité pour les salarié·e·s parents de trouver des solutions de garde, dans les structures d’accueil restées ouvertes ou parmi les proches, contribuent à la propagation du virus. De plus, les normes sanitaires préconisées par l’OFSP (distance sociale, masques, désinfectants, etc.) ne sont pas toujours respectées ou ne peuvent concrètement pas toujours l’être.

Dans de telles conditions, afin d’enrayer la propagation de la pandémie et de protéger la santé des travailleurs-euses et de leurs proches, seuls les secteurs économiques essentiels, prioritaires ou urgents doivent poursuivre leur activité, sauf si les travailleur-euses peuvent exercer leur activité à distance (télétravail) ou exercer leur activité seul-e-s.

Le Conseil d’État du canton du Tessin – l’une des régions parmi celles qui compte le plus grand nombre de personnes par habitant testées positives au coronavirus – a décrété, ce 21 mars, la fermeture des activités commerciales et productives privées non essentielles… les mesures prises jusqu’ici n’ayant pas suffi à enrayer la progression du virus. Lors de sa conférence de presse du 27 mars, le Conseil fédéral a annoncé que les cantons pouvaient adopter de telles mesures, sans toutefois les rendre obligatoires au niveau national.  

Afin de freiner fortement et rapidement la propagation du coronavirus en Suisse, nous demandons au Conseil fédéral :
– de décréter l’arrêt immédiat de toute activité économique non essentielle, non prioritaire et non urgente sur l’ensemble du territoire, sauf si les travailleur-euses peuvent exercer leur activité à distance (télétravail) ou exercer leur activité seul-e-s ;
– de renforcer massivement les inspectorats du travail ainsi que les droits syndicaux, afin d’assurer le respect des règles de sécurité notamment sanitaire ;
– de garantir la protection des revenus des travailleurs-euses dont l’activité est interrompue, en dernier ressort par des fonds fédéraux.
– dans l’attente d’une décision du Conseil fédéral portant sur l’ensemble du territoire, nous demandons aux gouvernements cantonaux de mettre en œuvre ces mesures.