Une lettre adressée par plusieurs institutions genevoises du social au Conseil de fondation du Cœur des grottes, fondation subventionnée par la Ville de Genève, fuitait mercredi (12.09.2018) dans la presse. Cette dernière énumère, témoignages à l’appui, une série de pratiques scandaleuses auxquelles le foyer d’accueil aurait recours : insultes racistes, violences psychologiques, maltraitance, privation d’intimité ou encore prosélytisme… Ensemble à Gauche réclame que toute la lumière soit faite au sujet des faits reprochés à cette entité. Dans l’intervalle, des mesures d’urgence doivent être prises, avec le soutien du canton si nécessaire.

La Ville doit mener son enquête
Au vu de la gravité des faits reprochés, il n’est pas approprié de laisser le Conseil de fondation du Cœur des grottes gérer seul cette affaire. En tant que soutien financier du foyer, la Ville de Genève doit enquêter sur les faits reprochés à la fondation afin de les établir et de prendre les mesures qui s’imposent. Un texte allant dans ce sens sera déposé lors du prochain Conseil municipal par EàG. Lors de cette enquête, il est important que les femmes qui le désirent aient la garantie que leur témoignage sera traité de manière anonyme.

Des solutions d’urgence
EàG réclame également que des solutions de logement d’urgence soient trouvées, en collaboration avec le canton et les autres acteurs du domaine, afin de reloger les femmes et enfants actuellement hébergés au Cœur des Grottes. La Ville et le Canton doivent agir de concert afin de mettre rapidement à disposition des lieux permettant d’accueillir les femmes concernées. Si cela est nécessaire, un texte sera également déposé au Grand Conseil jeudi prochain afin que le Canton aide la Ville à trouver une solution de relogement dans l’immédiat.

De graves carences en matière d’accueil
L’urgence à reloger les personnes actuellement hébergées au Cœur des grottes met en évidence une autre problématique. Outre ce scandale, Genève souffre de graves carences en matière d’accueil dans le domaine, comme c’est le cas concernant les personnes souffrant de troubles psychiques également. Aujourd’hui, de nombreuses femmes à la recherche de solutions de logement d’urgence se retrouvent logées dans des hôtels, sans accompagnement psychosocial. Cette solution est plus onéreuse pour l’État et moins adaptée aux besoins de personnes concernées. Ensemble à Gauche est en contact avec divers acteurs-trices de terrain et amènera prochainement cette problématique au Grand Conseil.