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Le Conseil national a accepté jeudi 4 juin par 100 voix contre 50 de soutenir la fondation Gosteli. Son maintien et son développement sont garantis.

Plus de 400 fonds d’archives, plus de 10 000 dossiers biographiques, plus de 10 755 livres du 18e au 20siècle : la Fondation Gosteli conserve des archives extraordinairement riches sur le mouvement des femmes en Suisse, qui ne sont pas accessibles ailleurs. Une large pétition soutenue par des historiennes a rassemblé plus de 11 000 signatures pour sauver ce lieu essentiel à la recherche et à l’histoire suisse. Ni musée, ni bibliothèque, ni centre d’archives, la Fondation Gosteli est l’ensemble de tout cela. Comme le soutenait Marthe Gosteli : « Sans documents, pas d’Histoire ». J’ajouterais : sans liens avec le passé, impossible de penser le présent et de se projeter vers le futur. C’est d’autant plus vrai pour l’histoire des femmes, sur laquelle « un linceul » semble avoir été posé ; les femmes recluses, exclues de l’espace public et donc de l’écriture de l’histoire qui fait sens (Michelle Perrot) disparaissent des archives publiques. 

Intervention de Stefanie Prezioso au Parlement au sujet de la Fondation Gosteli.

La Suisse a été l’un des derniers pays d’Europe occidentale à avoir accordé le droit de vote aux femmes en 1971. Il aurait été tragique que 50 ans après cette victoire arrachée après des années de lutte, et alors que le mouvement des femmes dans notre pays est plus vif et actif que jamais, que ce lieu de mémoire, ces archives et cette bibliothèque unique disparaissent. Une fois n’est pas coutume, le Conseil national a choisi de préserver ce patrimoine. Mais que le chemin est long vers l’égalité…