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C’est le versant «projet immobilier mégalo» de l’affaire Maudet. Tout en cumulant les défauts en matière de politique agricole, d’aménagement du territoire et de santé publique, le projet du Pré-du-Stand met en scène un petit monde de très gros intérêts.

A l’ordre du jour du Grand Conseil, ce projet pourrait être voté par une courte majorité allant du PLR-PDC à l’UDC, avec des soutiens au sein du PS. S’il est adopté, Ensemble à Gauche lancera immédiatement un référendum pour que la population ait le dernier mot. Passage en revue des gros boulets qui plombent ce projet.

Sacrifice de terres agricoles et de logements pour pourrir la santé des sportifs
Le projet immobilier devrait voir le jour non loin de l’Aéroport, sur la commune du Grand-Saconnex, aux abords directs de l’autoroute. Treize hectares de bonne terre agricole seraient sacrifiés pour édifier un complexe sportif et 90 000 m2 de bureaux.

Une hérésie à double titre! D’abord du fait que l’ouverture d’un complexe sportif dans l’une des zones les plus polluées de la région est une absurdité en matière de santé publique. Ensuite, la construction de ces surfaces de bureaux n’a aucun sens, le canton comptant déjà quelque 250 000 m2 de bureaux inoccupés.

Pire encore, pour construire ce complexe, le canton puiserait dans sa très maigre réserve de surfaces agricoles. Or, les lois fédérales imposent à Genève de préserver 8400 hectares de terres cultivables… et il ne lui en restait que 8483 hectares en novembre 2017. En pleine crise du logement, cette réserve anémique d’environ 80 hectares doit être consacrée exclusivement à la construction de logements bon marché plutôt qu’à bâtir un centre administratif offshore.

Une affaire de copains et de gros-sous
Au-delà des arguments de bon sens contre ce complexe immobilier et sportif, la question de son financement se pose. Les ramifications mises en lumière semblent mêler acteurs financiers et décideurs politiques, de l’entourage de Pierre Maudet, en lien avec des investisseurs des Emirats Arabes Unis (EAU), réunis au sein de Capvest dont le directeur est l’«ami» du magistrat PLR, Magid Khoury. Dans le cadre d’un partenariat public-privé, ce promoteur est en effet en passe de réaliser l’affaire du siècle… Une affaire qui pèse potentiellement des centaines de millions.

Dans ces surfaces de bureaux, on parle d’implanter un centre de cyber-sécurité. Il semble aussi que le Cheik Hazza ben Zayed, que le conseiller d’Etat a rencontré lors de son escapade sulfureuse à Abu Dhabi, ainsi que les géants émiratis du fret aérien et le pôle d’activités qui alimente leurs affaires, s’intéressent aussi à cet espace, tout comme le WEF. Un tableau de famille réunissant des représentants du capital financier mondialisé et leurs amis politiques néolibéraux.