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Pour assurer la mise en œuvre d’une vraie politique de l’alimentation à Genève, le Parti socialiste, Ensemble à Gauche, le Parti démocrate-chrétien et les Vert.e.s déposent un projet de loi introduisant le droit à l’alimentation dans la Constitution.

Au printemps 2020, la crise sociale engendrée par le coronavirus a notamment pris la forme d’une crise humanitaire et alimentaire. La fermeture des écoles a privé certains enfants du seul repas équilibré de leur journée pris à la cantine scolaire, des employé-e-s précaires ont été congédié-e-s sans ménagement. Cela a eu pour effet que des milliers de personnes ont dû faire la queue pendant des heures pour recevoir un sac contenant CHF 20 de nourriture. Cette situation préexistant avant la crise sanitaire a été amplifiée par cette dernière et a révélé l’ampleur de la précarisation grandissante à Genève. L’incidence des mesures sanitaires sur l’économie et l’arrivée de la seconde vague de la pandémie exacerbent les besoins alimentaires des personnes en situation de précarité.

La crise du COVID-19 a également permis une prise de conscience générale sur la qualité de nos aliments ainsi que leur production et distribution. Un grand nombre de personnes a découvert avec intérêt nos produits locaux.

C’est pourquoi il est temps que Genève introduise le droit à une alimentation adéquate – qui induit tant la qualité que la quantité – et que soient consacrés dans la Constitution genevoise le droit d’être à l’abri de la faim et l’accès à une alimentation de qualité.

L’introduction de ce droit dans la Constitution explicitera les obligations qui existent déjà dans l’article 39, alinéa 1 de la Constitution et dans le Pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels notamment. Surtout, il donnera une plus grande légitimité pour construire une véritable politique de l’alimentation, comme il en existe pour le logement, la santé et l’éducation.

La portée de ce projet de loi va au-delà de la situation urgente actuelle. Elle serait le fondement de la mise en place d’une politique alimentaire bénéfique à toutes et tous. La réalisation de ce droit à l’alimentation devra se construire avec tous les acteurs concernés, notamment les autorités publiques, les intervenant-e-s sociaux-ales, les écoles – à tous les niveaux possibles de prévention – ainsi que les filières de formation professionnelle dans le domaine agricole. Il est fondamental que les agriculteurs et agricultrices, les éleveurs et éleveuses, ainsi que leurs relais de distribution soient également associé-e-s au développement de cette politique de l’alimentation.

Ancrer ce droit à l’alimentation dans la Constitution permettra de répondre à un besoin fondamental de la population en favorisant la mise en place de projets concrets permettant d’atteindre efficacement et durablement cet objectif.

Lire le projet de loi