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Lors de la session d’août du Grand Conseil, nous avons été amenés à nous prononcer sur l’initiative Pour une politique culturelle cohérente à Genève lancée par une large coalition d’acteurs culturels. Ensemble à Gauche soutient résolument cette initiative. Plus largement, le débat a été l’occasion de défendre une politique culturelle publique et les formes alternatives de culture. Nous avons donc rappelé notre soutien à l’occupation de Porteous, un bâtiment appartenant à l’Etat et laissé vide depuis vingt ans. Alors que de nombreuses personnes et organisation souhaitent en faire un lieu de vie ouvert à la population, le Conseil d’Etat a décidé de le raser pour construire un centre carcéral.

Si le Conseil d’Etat s’est prononcé en faveur de l’initiative, il n’en demeure pas moins que celle-ci a été lancée en réaction à la politique culturelle désastreuse du gouvernement et de la majorité de droite au Grand Conseil. Alors qu’une meilleure répartition des tâches ente canton et communes était nécessaire et demandée par beaucoup, elle a servi de prétexte pour réduire les possibilités d’accès aux subventions pour les artistes. En effet, la répartition telle que votée lors de la précédente législature est conçue comme une répartition stricte des financements. Le co-financement permettait pourtant d’offrir des possibilités complémentaires garantissant une certaine diversité.

Initiative culture et occupation de Porteous

Une meilleure répartition des tâches entre le Canton et la Ville signifierait bien-entendu que le Canton assume ses responsabilités financièrement, alors que l’essentiel des coûts de la culture sont aujourd’hui supportés par les communes, à commencer par la Ville de Genève. Cependant, la majorité de droite de la précédente législature a constamment refusé les crédits nécessaires aux institutions culturelles (Grand Théâtre, Nouvelle Comédie, aide aux cinémas…). Prétextant la nécessité de faire des économies, les autorités cantonales favorisent dès lors l’éternel « partenariat public » une privatisation des institutions publiques qui ne dit pas son nom. Cette privatisation entraîne des dégradations importantes des conditions de travail qui ont été dénoncées par les salarié-e-s.

Le soutien à la culture, notamment dans ses formes « alternatives » passe aussi la mise à disposition d’espaces pour des collectifs autogérés. Si cette disposition n’est malheureusement pas prévue explicitement dans l’initiative elle n’en demeure pas moins essentielle alors que ces espaces d’expression culturelle se sont dramatiquement réduits suite à la politique agressive de fermeture des squats et la démolition d’Artamis. Nous avons donc rappelé notre soutien à l’occupation de Porteous, l’ancienne station d’épuration d’Aïre. En effet, ce bâtiment appartenant à l’Etat et laissé vide depuis vingt ans est aujourd’hui occupé par un collectif qui revendique le lieu pour un centre socio-culturel autogéré. La situation idyllique du site et la particularité architecturale du bâtiment offrent un potentiel important. Mais le Conseil d’Etat, Pierre Maudet en tête, a décidé unilatéralement d’en faire un centre carcéral au mépris de la volonté de la commune de Vernier.

Il est urgent de changer de cap. L’Etat doit assumer ses responsabilités et être garant d’une politique culturelle cohérente à l’échelle du Canton de Genève. Cela passe par la mise en place d’une stratégie de valorisation de la culture, à tous les niveaux, grâce à une véritable concertation entre canton, communes et les acteurs de la culture. Les formes alternatives de culture, historiquement importantes à Genève, ne doivent pas être reléguées au second plan et il est urgent de reconnaître les collectifs autogérés comme des interlocuteurs. Le financement de la culture restera une question centrale. Et il est difficile d’imaginer une situation satisfaisante tant que se poursuivent les politiques d’austérité.