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Les pratiques toujours plus répressives de la Police genevoise dans le cadre de manifestations, ainsi que la volonté de l’armer de fusils d’assaut affichée par le Conseiller d’Etat Pierre Maudet, inquiètent au plus au point le Groupe parlementaire Ensemble à Gauche (EàG), qui va déposer une question urgente au gouvernement à l’ouverture de la session du Grand Conseil, ce soir. Le groupe EàG est très préoccupé par l’ampleur de la mobilisation policière et le zèle des agents lors des contrôles d’identité effectués en marge des manifestations. Le nombre d’interpellations effectuées et d’amendes annoncées, lors de la manifestation non autorisée au soir du 12 janvier dernier par exemple, est aussi interpellant qu’il se situe à la limite de la légalité. « Ces faits dénotent une tendance toujours plus marquée à l’intimidation et à la répression de l’exercice des droits démocratiques dans le canton », observe Christian Zaugg, député du Groupe parlementaire EàG.

Intimidation des manifestant·e·s : un droit constitutionnel en danger
Lors de la très pacifique manifestation autorisée « anti-Erdogan » du 12 janvier dernier à midi, tout comme à l’occasion de nombreuses autres manifestations en 2016, le nombre de policier·ère·s mobilisés, ainsi que les multiples contrôles d’identité auxquels ils se sont livrés, alarment le groupe EàG. « Nous estimons que ce type d’intimidations est de nature à limiter le droit de manifestation garanti par l’article 32 de la Constitution cantonale », s’inquiète Christian Zaugg. Il rappelle par ailleurs que les contrôles préventifs de la police, non justifiés et justifiables, ne sont pas légaux. Pour ce qui est de la manifestation non autorisée « anti-Erdogan » du 12 janvier dernier au soir, c’est le nombre important d’interpellations ainsi que la brutalité physique et verbale dont les manifestant·e·s ont annoncé avoir été victimes (Le Courrier du 20 janvier 2017), qui interpellent les député·e·s EàG.

Des pratiques à la limite de la légalité
Les manifestant·e·s, dont la police affirme qu’une partie d’entre eux s’est rendue coupable de jets de peinture et ont utilisé des engins pyrotechniques, sont pourtant 40, sur un total de 60, à avoir été interpellés. Selon toute vraisemblance, ils ne peuvent pas être 40 à avoir commis ces actes de déprédations mineurs. Pour preuve, seule une personne a été mise à disposition du Ministère public. « Comment expliquer de si nombreuses interpellations ? Ces dernières ne sont pas prévues par la loi sur les manifestations (LMDPu), qui indique dans son article 6 alinéa 3 que conformément aux principes de proportionnalité et d’opportunité, la police procède à la dispersion des manifestations non autorisées », ajoute le député. Par ailleurs, la déclaration du porte-parole de la police, M. Silvain Guillaume-Gentil, indiquant dans la Tribune de Genève du 14 janvier 2017 que 38 personnes interpellées seraient « amendées pour avoir participé à une manifestation non autorisée» est également troublante. Au sens de l’article 10 de la LMDPu, seuls le ou les organisateur·trice·s peuvent se voir infliger une amende.

Une inadmissible volonté d’armer la police de fusils d’assaut
Pour ce qui est de la militarisation des forces de l’ordre, le groupe EàG ne peut que s’inquiéter des propos tenus par le Conseiller d’Etat Pierre Maudet dans l’édition du 21 janvier dernier du Temps, où il a affirmé qu’il souhaitait armer les policier·ère·s de fusils d’assaut. « EàG s’oppose fermement à la tendance visant à militariser les forces de l’ordre », affirme Christian Zaugg. Cette volonté s’est par ailleurs déjà ressentie dans le cadre de diverses nominations à des postes clés de la police. « En surarmant les forces de l’ordre, nous nous éloignons du modèle d’une police de proximité au service des habitant·e·s tout en nous rapprochant de celui d’une police répressive et éloignée des préoccupations des Genevois·e·s. »

Une seconde question sur les conditions d’accueil des policier·ère·s romands mobilisés à Genève lors du sommet sur Chypre
Matelas infestés de puces de lits, logement dans des abris PC insalubres, absence de sacs de couchage ou de chauffage et intoxication alimentaire : les conditions d’accueil des policier·ère·s mobilisés lors de la Conférence de Genève sur Chypre se sont révélées déplorables. Ces dernières ont été dénoncées par le syndicat policier UPCP à la hiérarchie de la police ainsi que dans divers médias. Le groupe EàG condamne fermement ces conditions de travail indignes ainsi que le logement de personnes en abris PC, tout comme il le fait en ce qui concerne le logement de requérant·e·s d’asile dans ces même abris. « A travers nos interventions, il faut bien comprendre que nous ne voulons pas nuire aux agents de police, conclut le député EàG. Nous défendons leurs droits comme ceux de n’importe quels travailleurs·euses. Ce sont aux décisions politiques et stratégiques concernant l’organisation de la police et de la répression que nous attaquons résolument ! »

Personnes de contact : Christian Zaugg, député EàG au Grand Conseil et Pierre Vanek, chef du Groupe parlementaire EàG au Grand Conseil