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Tels était la finalité, à quelques différences près, des intentions du Conseil d’Etat et du Parti socialiste. Le premier, au travers de son projet de loi 12 245, voulait prolonger les mesures d’initiation au travail (AIT) pour les 18-30 ans de six mois en participant au paiement du salaire à hauteur de 60%.  Le projet du Parti socialiste, le PL 11847, prévoyant quant à lui, rien de moins qu’une participation au salaire à hauteur d’environ 40% sur 3 ans pour les employeur.euse.s engageant un.e jeune chômeur.euse ayant terminé une formation. Une manière de ne pas reconnaître la valeur du travail fourni par le travailleur.euse, une manière de ne pas reconnaître la valeur de la formation. Ces deux projets de loi ont été fort justement refusés.

De fait, ces deux projets de loi s’appuyaient sur le constat que trop souvent des employeur.euse.s refusent de donner leur chance à des jeunes sortant de formation et exigent une expérience que ces dernier.ère.s ne peuvent par définition présenter. Or, il faut le rappeler, le salaire d’engagement inclue déjà ce déficit d’expérience. Si tel n’était pas le cas, il devrait être plus élevé. De plus en ce qui concerne le projet de M. Poggia, il n’est pas inutile de rappeler qu’une AIT allouant une participation au salaire présuppose qu’un contrat de travail à durée indéterminée ait été signé. Ainsi, en l’occurrence, M. Poggia propose de rallonger la participation au salaire d’une personne qui aurait déjà été engagée. Une contradiction supplémentaire !

Si la problématique de l’exigence d’une expérience préalable est souvent un écueil pour les jeunes travailleurs ; la résoudre par une contribution de l’Etat au salaire des jeunes engagé.e.s est une mauvaise réponse. A plus forte raison que ces projets de lois entérinent le fait qu’il faille passer par la case chômage pour aborder une vie professionnelle. C’est injuste et dénué de sens. Il est piquant de relever que même les employeurs n’ont pas soutenus ces deux textes en audition, et que les partis de Droite ont participé au rejet de ces deux textes.

Notre groupe s’est opposé à ces deux propositions car elle fausse les rapports au salariat et induisent le fait qu’une formation ne suffit pas pour aborder le monde du travail,

Notre groupe estime que si la formation ne prépare pas assez au monde du travail, alors c’est la formation qu’il faut améliorer pour supprimer cette carence. Si tel n’est pas le cas, alors les patron.ne.s doivent rétribuer le travail à sa juste valeur.    

Enfin, notre groupe aurait pu entrer en discussion sur un projet qui aurait développé les mesures de formation en emploi pour les jeunes sans formation, mais ce n’est pas ce dont il s’agit car ces projets de lois ne concernaient que de jeunes gens ayant accompli une formation. C’est donc résolument que nous avons refusé ces deux projets de lois.