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Le Grand Conseil a voté vendredi dernier (21.09.2018) une loi, bricolée par le PLR et les milieux patronaux et votée par l’ensemble de la droite et du MCG, violant honteusement la volonté populaire et les conditions de travail des salarié-e-s. En visant l’ouverture des magasins trois dimanches par an sans extension de la CCT, la loi-brouillon votée aujourd’hui, au mépris des organisations représentatives du personnel, ne respecte pas le contre-projet à l’Initiative « Touche pas à mes dimanches » accepté par la population en 2016. « Etendre les horaires sans garanties de protection du personnel revient à précariser le statut des travailleurs-euses », dénonce Jocelyne Haller, cheffe du Groupe EàG au Grand Conseil. « Face à une telle violation de la volonté populaire, le lancement d’un référendum est inévitable. »

Un mépris de la volonté populaire
Le 27 novembre 2016, le contre-projet à l’initiative « Touche pas à mes dimanches » a été accepté avec 57% de oui. Ce dernier, voté par le Grand Conseil en mars 2016, autorisait « l’ouverture des magasins le 31 décembre (…) et instaurait la possibilité de l’ouverture des magasins lors de 3 dimanches, sous condition toutefois de l’existence d’une CCT étendue dans le secteur du commerce de détail. » Les électeurs-trices ont donc décidé de conditionner l’ouverture de ces trois dimanches à un renforcement de la protection des travailleurs-euses. Afin de contourner le texte voté par le peuple en 2016, le PLR a présenté son projet de loi comme « expérimental ». Cette nature expérimentale a pour objectif de laisser aux employeurs le temps de rassembler la représentation nécessaire à l’entrée en vigueur d’une CCT étendue sans renoncer à ouvrir certains dimanches. Ces derniers n’arriverent pourtant pas à s’entendre afin de remplir la condition sine qua non pour l’établissement d’une CCT étendue, à savoir la capacité à représenter le 50% du personnel du secteur, sans dialogue avec les syndicats… Le vote, précipité par la droite en commission, a donné lieu à une véritable cacade en plénière, tant le projet était brouillon. Malheureusement, la droite a répondu complaisamment à l’appétit des patrons de la grande distribution.

Contournement éhonté des syndicats
Les représentants des employeurs n’ont cessé de blâmer les conditions préalables à la négociation posées par les syndicats sur la méthode et non sur le contenu des négociations : participation des délégués du personnel à la table des négociations, garantie d’un droit d’information aux salariés et, finalement, garantie de la mise en place de contrôles quant au respect de la convention. Ces exigences syndicales ont été qualifiées d’arrogantes et d’inacceptables. Pendant ce temps, les représentant-e-s du patronat ont négocié secrètement une CCT avec la Société des employés de commerce (SEC), société n’ayant aucun adhérent à Genève, court-circuitant ainsi les partenaires syndicaux. La SEC, prenant la mesure du stratagème grossier des représentant des employeurs, a annoncé qu’elle retirerait sa signature de la CCT en cas d’acceptation du projet de loi.

Indispensable référendum
Face à l’offensive des milieux patronaux soutenue par la droite et le MCG au Grand Conseil, c’est dans la rue et dans les urnes que se déplace désormais le combat. Ensemble à Gauche appelle à la constitution d’un large front référendaire afin de revenir sur ce véritable démantèlement des droits sociaux des travailleurs-euses.