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À la veille de la Grève féministe du 14 juin, une majorité composée de députés de droite a refusé de discuter d’une subvention urgente pour Viol Secours réclamée par Ensemble à Gauche – Genève. Le projet de loi déposé par EàG, en collaboration avec le PS et les Verts, a été renvoyé en commission où une subvention supplémentaire sera discutée d’ici à la prochaine session d’août. Dans l’intervalle, Viol Secours reste donc dans une situation financière critique, qui l’empêche d’accomplir pleinement sa mission essentielle contre les violences sexuelles et au soutien des femmes* qui les subissent.

Viol-Secours en lutte pour les femmes victimes de violences sexuelles
Fondée en 1985, Viol-Secours soutient les femmes* victimes de violences sexuelles dans leur reconstruction et assure une permanence pluridisciplinaire pour les victimes et leurs proches. L’association mène aussi des projets de prévention pour lutter contre les mythes sur le viol et les violences sexuelles auprès de divers publics (professionnel-le-s, jeunes, grand public). Viol-Secours assume une double mission publique d’accueil et de prévention pour lutter efficacement contre les violences sexuelles. Tout ce travail est assumé par une équipe de 2,4 équivalent plein temps et un comité bénévole de 7 personnes. Viol-Secours a terminé l’année 2018 sur un déficit d’exploitation de 30’600 francs, dû à une baisse de l’apport des communes et des donateurs privés.

Plus les moyens de remplir sa mission
Cette situation s’est répercutée sur la trésorerie de l’association et a obligé le comité à prendre des mesures extrêmement douloureuses, soit le non remplacement du congé maternité d’une des permanente psychosociale et le report du remplacement d’une autre permanente démissionnaire. L’association refuse depuis plusieurs mois les demandes d’intervention et de collaboration pour la prévention qui font partie de son mandat et qui ont augmenté avec la prise de conscience sociétale actuelle sur la question des agressions sexuelles et des viols. De plus, depuis le 1er mai 2019, Viol-Secours a dû suspendre sa permanence téléphonique et courriel. Pour rappel, en moyenne tous les 3 jours, une nouvelle personne prend contact avec Viol-Secours pour une demande ponctuelle ou des entretiens individuels qui visent à soutenir les femmes* victimes de violences sexuelles dans leur reconstruction. La suspension de la permanence signifie que Viol-Secours ne peut plus assumer le service de conseil et de soutien à la population et aux victimes de violences sexuelles et de viol, prestations que l’association est engagée à fournir dans le cadre du contrat de prestation qui la lie au canton.

Une aide urgente refusée par une droite incohérente
Cette situation critique que traverse Viol-Secours ces derniers mois tire son origine dans une activité à flux tendu depuis plusieurs années. Alors que l’association est toujours plus sollicitée, la dotation de l’État n’a pas augmenté depuis 15 ans. Dans l’urgence, afin de pouvoir rouvrir la permanence téléphonique et par courriels et remplir ses missions, soit un suivi des femmes ayant subi des violences et développer des activités de prévention, Viol-Secours a besoin d’une subvention supplémentaire en urgence… Une majorité des députés de droite a refusé de répondre à cette lancinante urgence. Elle a préféré renvoyer notre projet en commission des finances. Alors que le Grand Conseil a largement soutenu, lors de la dernière session parlementaire, la pétition féministe « Que la honte change de camp », qui prévoit notamment d’allouer aux associations de terrains des enveloppes budgétaires leur permettant de véritablement remplir leur mission, la droite aurait pu être plus conséquente et accepter cette aide. Ainsi, on peut constater que souvent, quand il s’agit de faire des déclarations pleines de bonnes intentions en matière d’égalité, la droite ne lésine pas. Il n’en va plus de même quand il s’agit de mettre la main à la poche pour la réaliser.

Jocelyne Haller