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L’initiative Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse vise à proscrire l’usage de pesticides de synthèse pour l’agriculture et l’aménagement du territoire. L’importation de denrées ayant nécessité l’usage de tels produits serait également interdite. Le texte prévoit un délai de dix ans pour la mise en œuvre.

L’usage massif de pesticides depuis près d’un siècle dans l’agriculture a provoqué une chute brutale de la biodiversité. La concentration de pesticides dans les denrées alimentaires peut également avoir des effets sur la santé humaine. L’objectif est donc nécessaire mais ambitieux, l’abandon des pesticides pouvant engendrer des pertes de rendement de l’ordre de 30%. Dès lors, l’application de l’initiative devrait nécessairement s’accompagner d’une hausse substantielle des paiements directs, sous peine de voir les prix des denrées prendre l’ascenseur, pénalisant la population et en particulier les bas revenus. Le texte ne prévoit malheureusement pas de dispositions à ce sujet.

Il est regrettable également que le texte ne cible que les pesticides de synthèse. Si cette catégorie regroupe la grande majorité des pesticides utilisés en agriculture, il est possible de produire des pesticides organiques qui ne présentent aucun avantage a priori, aussi bien pour l’environnement que la santé publique. De plus, l’abandon des pesticides ne signifie pas nécessairement un abandon de l’agriculture intensive qui épuise les sols et érode la biodiversité.

Malgré ces imperfections, l’adoption de l’initiative représenterait un progrès indéniable pour l’environnement et la qualité des produits agricoles. Le OUI est aussi un message politique clair en faveur d’une rupture écologique à travers tout le territoire helvétique.