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Ensemble à gauche refuse le projet de budget 2019 du Conseil d’État, parce qu’il ne répond pas aux besoins essentiels de la population et s’inscrit dans la poursuite des politiques d’austérité qui attaquent les services publics et les prestations. Aux yeux de la droite majoritaire, il faudrait pourtant couper plus encore dans les dépenses sociales pour diminuer encore les impôts d’une petite minorité de privilégiés. Afin de réduire de moitié les impôts des grandes entreprises à l’horizon 2020, elle projette de mettre à bas ce qui reste du modèle social genevois.

La fonction publique était dans la rue jeudi dernier. Elle a rappelé à quel point les sous-effectifs avaient engendré une situation désastreuse dans tous les services. Résultat: des prestations insuffisantes pour répondre aux besoins grandissants d’une population fragilisée et une souffrance accrue des employé-e-s.

En commission des finances, Ensemble à Gauche a tenté d’arracher des efforts supplémentaires dans les secteurs où la situation est de loin la plus alarmante, en particulier à l’Hospice général, aux HUG, à l’Imad et dans les EMS. Nous nous sommes chaque fois heurtés à une majorité inflexible. Pourtant, il ne s’agissait que de mesures d’urgence visant à combler les manques les plus criants engendrés par des années d’austérité. Or, rien ne justifiait un tel blocage, alors que le projet de budget est excédentaire de près de 70 millions et que la situation économique du canton connaît une embellie.

La volonté obsessionnelle du Conseil d’Etat, et plus encore de la majorité de droite, de comprimer les charges, a un nom : RFFA. Pour préparer le terrain à cette réforme de l’imposition des bénéfices des entreprises qui vise à propulser Genève en tête du dumping fiscal intercantonal, tous sont prêts à dynamiter ce qui reste de notre modèle social. Seule la méthode diffère : le Conseil d’État entend avancer prudemment pour faire passer devant le peuple son projet fiscal ultra-régressif, tandis que le PLR et ses acolytes de l’UDC et du PDC ont opté pour la thérapie de choc.

Rappelons que le projet fiscal du gouvernement genevois engendrerait un manque à gagner de 430 millions de francs par années pour l’État et les communes, que la majorité de droite a encore alourdi de 50 millions en commission fiscale. Ces pertes de 500 millions en faveur des entreprises les plus profitables du canton se traduiraient par des politiques d’austérité brutales, ainsi que par une hausse d’impôts pour les salarié·e·s et les retraité·e·s. C’est ainsi à la population que reviendrait la charge de ces formidables cadeaux aux plus grosses sociétés et à leurs actionnaires.

Si la droite, entraînée par un PLR déstabilisé par « l’Affaire Maudet », a refusé aussi le projet de budget du Conseil d’État, c’est que sa crise abyssale le conduit à céder à ses réflexes primaires : couper plus fort et plus vite dans le social pour garantir une hausse plus rapide encore des ressources des privilégiés. Quant à nous, nous refusons autant le néolibéralisme calculé du Conseil d’État que le néolibéralisme à la hussarde du PLR pour défendre un État capable de répondre à l’explosion de la précarité, au vieillissement de la population et à l’allongement de la durée des études.

Pour toutes ces raisons, nous ne voterons ce projet de budget au Grand Conseil que si nos amendements pour des mesures d’urgence en faveur de l’hôpital, des EMS et de l’Hospice Général sont adoptés. Et ces amendements seraient possibles dans le cadre d’un budget équilibré! Dans tous les cas, nous appellerons la population à se mobiliser pour défendre ses droits, ses services publics et refuser la baisse massive de l’imposition des plus grandes entreprises défendue par le Conseil d’État, qui annonce une régression sociale sans précédent.