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Cette votation remet au-devant de la scène la tradition de surveillance politique fortement ancrée en Suisse. Celle-ci prend ses racines à la fin du 19ème siècle, déjà dans la cadre de la lutte contre le terrorisme : celui de l’action directe de nos camardes anarchistes. Pourtant, comme à l’époque, le spectre du terrorisme a permis de justifier l’adoption de lois d’exception donnant des pouvoir extrêmement étendus à la police.

Concrètement, la MPT veut donner à la police un pouvoir discrétionnaire en vue d’enquêtes non déclarées contre des personnes n’ayant commis aucune infraction. Avec l’introduction d’une nouvelle catégorie fourre-tout de « terroriste potentiel », elle ouvre la possibilité pour la police d’enquêter et de prendre des mesures de contrainte contre de larges pans de la population de ce pays, sans aucun contrôle.

En plus de son caractère arbitraire, cette loi consacre une surveillance généralisée de la population, des mouvements sociaux et des partis politiques. Les mesures prévues ne sont pas ordonnées par un tribunal, mais par la police fédérale, sur la base de simples soupçons et sans aucun contrôle judiciaire préalable. Interdiction de contact, interdiction géographique, interdiction de quitter le pays, surveillance électronique, localisation des téléphones portables pourront être déclenchées contre n’importe qui sans contrôle, et ceci dès l’âge de 12 ans. La loi permet à la police d’assigner des personnes à résidence, voire de les mettre en détention administrative jusqu’à 9 mois. Cette privation de liberté peut même concerner des enfants, dès l’âge de 15 ans.

Si tout le monde est concerné, cette loi vise la population musulmane. Elle stigmatise des groupes et des personnes réputées « dangereuses ». La catégorie nouvelle de « terroriste potentiel » permet de justifier une « surveillance collective », fondée notamment sur la religion. Cette loi s’inscrit dans le cadre de la vaste campagne islamophobe qui agite la Suisse, fournissant de nouveaux outils à une islamophobie d’État. La stigmatisation des personnes musulmanes et la violation de leurs droits vont se renforcer.

Sous prétexte de combattre le terrorisme, cette loi vise à renforcer le dispositif répressif de l’État et le caractère autoritaire des politiques imposées afin de maintenir l’ordre social et économique en place. Elle menace directement nos libertés et droits démocratiques et ouvre la possibilité de dérives racistes. Nous ne devons pas accepter une loi qui instaure un État d’exception et menace nos droits fondamentaux.