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Le Chambres se sont penchées sur les mesures prévues par la Confédération pour le secteur culturel pour la période 2021–2024. Alors que ce secteur a été sinistré par la pandémie, les dépenses fédérales en faveur de la culture restent extrêmement modestes : les montants prévus par le message culture correspondent à 0,3 pour cent des dépenses de la Confédération. Cela n’a pas empêché la droite de réclamer des coupes… Une honte ! Ensemble à Gauche a plaidé en faveur d’une augmentation des dépenses ainsi que pour la création d’un statut de l’artiste.

Nous reproduisons ci-dessous des extraits de la prise de position de notre camarade Stéfanie Prezioso au Conseil national.

La Confédération s’est inspirée librement pour asseoir ce projet sur la définition que donne l’UNESCO de la culture soit «…l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeur, les traditions et les croyances »

Une orientation stratégique sur ces questions fondamentales devrait donc se donner les moyens de prendre en compte les défis que posent les transformations des sociétés, des modes de vies, des relations sociales, du rapport que nous avons avec la nature mais aussi, si les mots ont un sens, de répondre aux inégalités sociales, de genre, de provenance et d’origine. […] Or, force est de constater que nous en sommes loin.

Tout d’abord, au niveau des maigres ressources que la Confédération décide d’y consacrer, des sommes dérisoires si on les compare au budget pharaonique de l’armée, en particulier à l’achat de nouveaux avions de combat. […] 

Il me sera répondu que les communes et les cantons sont les bailleurs de fonds les plus importants (à hauteur de plus de 80 %) et que la Confédération y joue un rôle d’appoint ; des cantons et des communes qui sentent déjà les effets de la RFFA et délégueront encore plus facilement à des mécènes privé·e·s le soin de financer ce qu’ils considéreront comme étant « la culture » en fonction des lois du marché, de la rentabilité et des profits attendus. […] 

De la même façon que la défense de la biodiversité doit devenir une priorité absolue de nos politiques publiques, la défense de la diversité culturelle doit être au centre de nos préoccupations. Cela veut dire soutenir les institutions culturelles, les théâtres, les musées, les espaces d’arts et d’arts visuels, les salles de concert, la recherche, la promotion et la diffusion des écrits… Mais aussi la culture hors les murs, au quotidien, dans les EMS, dans les hôpitaux, dans les écoles, les prisons, dans la rue. […]

Pas de culture sans acteurs·actrices culturels et pourtant elles et ils sont à nouveau les grands oubliés de ce Message de la Confédération. Cela est d’autant plus flagrant aujourd’hui, alors que les artistes subissent de plein fouet les effets de la crise sanitaire. En Suisse, Le revenu d’un·e artiste se monte en moyenne à 40 000 francs par an (soit 3300 francs par mois), selon une enquête de l’organisation Suisseculture. Alors que les exigences en termes de formation sont extrêmement pointues, que les conditions de travail sont difficiles (horaire, précarité des contrats, fragilité des engagements etc…), ils et elles paient aujourd’hui au prix fort la relative absence des pouvoirs publics dans la protection de leur statut. […] 

Pourtant, la défense d’un statut des artistes dignes de ce nom devrait faire partie des missions de la Confédération.