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En date du 29 octobre 2020, des milliers d’employé·e·s des secteurs public et subventionné ont fait grève et ont manifesté contre la politique du Conseil d’État, qui s’en prend notamment aux salarié·e·s de la fonction publique… Ce même jour, Pierre Maudet annonçait sa démission du Conseil d’État, attendue de (trop) longue date, ouvrant la voie à une élection partielle au gouvernement cantonal.

Ensemble à Gauche se félicite de cette démission, que nous avions exigée depuis longtemps, et continuera à se battre, comme nous l’avons fait jusqu’ici en déposant plusieurs projets de loi (plafonnement et contrôle plus strict du financement des campagnes électorales ; possibilité de révoquer un magistrat, etc.), pour que des mesures plus sérieuses soient adoptées dans la lutte contre la mainmise croissante de l’argent sur le monde politique.

Le Parti socialiste a immédiatement revendiqué que la gauche se fixe comme objectif de « renverser la majorité » au gouvernement et de « rééquilibrer les forces au sein du collège ». S’agit-il de placer un·e conseillère·er d’État d’appoint visant à devenir la quatrième roue du tricycle gouvernemental rose et vert, formé d’Antonio Hodgers, d’Anne Emery-Torracinta et de Thierry Apothéloz, qui ont jusqu’ici largement avalé les couleuvres de la droite ? En quoi cela servirait-il la cause des salarié·e·s, des usager·e·s et des retraité·e·s de ce canton ? En quoi cela ferait-il avancer l’égalité effective entre femmes et hommes, la cause des locataires, le combat contre la spéculation foncière, la promotion accélérée de la mobilité douce et des transports publics ou la lutte contre le réchauffement climatique et la destruction de la biodiversité ?

Les Genevois·es se souviennent en effet de la dernière majorité PS/Verts au gouvernement, de 2005 à 2009, avec David Hiller, Charles Beer, Laurent Moutinot, Robert Cramer… dont personne n’a remarqué qu’elle ait interrompu la politique de régression sociale de la droite. Au contraire, en matière fiscale notamment, David Hiler a été en première ligne pour ce qui est d’octroyer des cadeaux aux riches. Plus récemment, il faut rappeler que les magistrat·e·s de gauche ont appuyé la RFFA en 2019 et qu’ils ont cautionné cet automne, en pleine crise du coronavirus, un budget qui s’en prend directement aux salaires et aux retraites du secteur public, allant même à l’encontre du récent vote populaire en faveur du maintien des prestations actuelle de la Caisse de pension de l’État (CPEG).

C’est pourquoi, pour Ensemble à Gauche, une véritable candidature de gauche ne peut être envisagée que dans l’optique de rompre avec la politique de ce gouvernement ; de résister à l’austérité imposée aux plus faibles, alors qu’on bichonne les plus riches ; de maintenir et de développer un service public composé en majorité de femmes, qui œuvrent en première ligne contre la pandémie ; de maintenir et de développer des prestations sociales indispensables à la population ; de s’opposer à la multiplication de projets fonciers spéculatifs insensés et néfastes pour l’environnement (Pré-du-Stand) ; de soutenir les salarié·e·s du public et du privé ; de mettre en cause la politique continue de cadeaux fiscaux aux privilégiés, afin d’annuler les pertes fiscales massives de ces dernières années qui privent la collectivité des moyens dont elle aurait besoin pour faire face à la crise sanitaire et sociale que nous vivons…

Une telle candidature devrait appuyer sans réserve la mobilisation du secteur public, le combat pour l’égalité mené par la grève des femmes, l’engagement massif de la jeunesse pour des mesures radicales en matière de justice climatique. Elle devrait prendre acte du tournant que représente le vote massif en faveur d’un salaire minimum cantonal pour lequel nous nous nous sommes battus depuis une douzaine d’années… En aucun cas, elle ne saurait être envisagée comme un « ajustement » des équilibres au sein du collège gouvernemental.

En l’état, cela signifie qu’Ensemble à Gauche ne peut répondre à l’appel du Parti socialiste à soutenir une candidature unique de la gauche tant que ses magistrat·e·s actuels, ainsi que celui des Verts, ne rejettent pas clairement la politique antisociale qui donne le ton à la Tour Baudet. Plutôt que de se soumettre aux injonctions du PLR et de toute la droite. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas ce qu’elles-ils ont fait jusqu’ici. Pour le reste, la décision d’une candidature ou non d’Ensemble à Gauche devra être déterminée en dernière instance par une assemblée de nos militant-e-s.