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Beaucoup de bruit pour rien… La révision de la Loi sur le CO2, qu’a accepté le National par 135 voix contre 59 et 1 abstention à l’issue d’un débat fleuve, est en réalité la poursuite du « business as usual » agrémenté de quelques corrections à la marge, alors que le dérèglement climatique impose des mesures fortes, rapides et à fort impact sur les émissions de gaz à effet de serre. L’ensemble des amendements déposés par notre conseillère nationale Stefanie Prezioso, qui réclamaient des objectifs ambitieux et des mesures fortes, ont été rejetés. Ensemble à Gauche a refusé le projet de loi au Conseil national. La loi repart aux Etats afin de régler les dernières divergences. Il ne reste désormais aucune chance de voir le projet s’améliorer suffisamment. Ensemble à Gauche s’unira donc à la jeunesse en lutte afin de contrer cette loi et d’imposer un véritable réveil des consciences !

La révision ne constitue en aucun cas l’avancée « réjouissante » ou « exagérée » présentée par une gauche complaisante ou une droite archaïque ! « Le parlement qu’on nous présentait tout droit issu des mobilisations pour le climat s’est contenté de modifications cosmétiques, trahissant les centaines de milliers de personnes, qui en Suisse et partout dans le monde exigeaient un changement de cap immédiat. Les décisions fortes répondant à l’état d’urgence climatique et écologique n’ont pas été prises ! », s’alarme la conseillère nationale Ensemble à Gauche. « En défendant obsessionnellement les intérêts des riches, des banques et des multinationales, nos dirigeant-e-s ont une nouvelle fois montré qu’ils sont incapables d’apporter une réponse à la hauteur des défis que pose la crise climatique. »

De belles paroles oubliées
Les objectifs de réduction doivent enfin prendre en compte la gravité de la crise climatique et écologique dans laquelle les pays industrialisés ont entraîné la planète. En débattant de la Loi sur le CO2, la grande majorité des parlementaires n’ont pas tenu compte de cette nécessité absolue, s’enlisant dans des compromis totalement déconnectés de la réalité, refusant la mise en place de mesures urgentes, allant jusqu’à accuser ceux qui ont pris conscience de cette urgence, de vouloir imposer des mesures autoritaires. Passée la vague médiatique, il ne restait presque plus personnes pour exiger des normes courageuses, seules à même d’entamer un processus capable de désamorcer la crise climatique. Les propositions d’amendement d’EàG, notamment la compensation à 100%, dès 2032, des émissions de gaz à effet de serre suisses sur place, à travers des puits de carbone et sans technologies actives de compensation, ont toutes été rejetées.

Question de Stefanie Prezioso à la présidente de la Confédération au sujet de la loi CO2.

Confier au marché la crise climatique
La crise climatique est l’enfant du capitalisme. C’est la course effrénée aux profits qui provoque la destruction de notre environnement. Pourtant, les parlementaires ont plébiscité, afin de contrer la crise climatique, la participation à une bourse carbone hautement spéculative et inefficace. Comme si le système était capable de générer des remèdes capables de soigner ses métastases. Cette bourse délivrera ainsi des permis de polluer ici en soutenant des mesures peu vérifiables ailleurs. La politique de l’autruche dans toute sa splendeur ! Les mesures de réduction des émissions doivent être prise en Suisse : permettre de réduire artificiellement nos émissions à travers des actions réalisées à l’étranger, voire des délocalisations, ne fait que déplacer le problème et retarder une résolution globale de la crise. A l’envers du bon sens…

La justice climatique attendra…
En effet, les pays riches, dont la Suisse fait partie, ont une lourde responsabilité dans la crise climatique. De leur côté, les pays pauvres, qui ont une responsabilité très limitée dans cette crise, se retrouvent au premier rang des victimes. Il faut reconnaître et réparer cette injustice. Cela passe, en plus de compenser l’ensemble des émissions suisses en Suisse, par une aide importante aux pays dépendants afin de faire face à la crise climatique. La crise climatique exige une réponse globale… Fixer des objectifs au niveau national est positif, mais cela doit obligatoirement s’articuler avec des objectifs internationaux tout aussi ambitieux ainsi qu’avec une participation volontariste à leur réalisation. Les diverses propositions d’EàG allant dans ce sens, notamment celle qui visait à consacrer le quart des revenus de la taxe sur le CO2 à des aides publiques aux pays victimes de la crise climatique, ont été sèchement refusées.

Les marchés financiers épargnés par la loi
Les activités polluantes nécessitent des financements importants. Nombre d’entre eux passent par la suisse, où les activités financières sont très développées. Agir sur les émissions en Suisse sans prendre en compte les conséquences climatiques dramatiques de certains investissements reviendrait à n’apporter qu’une réponse très partielle à la crise climatique. Les émissions indirectement générées par les flux financiers doivent être prises en compte par cette Loi. Les institutions financières et leurs investissements doivent donc être soumises aux mêmes objectifs de réduction des émissions, au même titre que les activités émettant directement. Une fois encore, les modifications de la Loi proposée par EàG, qui imposaient aux banques et autres institutions financières de faire baisser la part de leurs investissements dans les activités émettrices de gaz à effet de serre selon les mêmes objectifs que ceux fixés par la lLoi en Suisse, ont été refusées.

« La loi CO2 discutée par le Parlement nie la gravité de la crise climatique et écologique qui exige de placer au centre l’intérêt général, la définition collective des besoins, en un mot d’articuler justice climatique et justice sociale », affirme Stefanie Prezioso. « Hors de cette prise de conscience qui s’est manifestée partout dans le monde sous le slogan « Changer le système, pas le climat », pas de salut. Cette Loi sur le CO2 mérite d’être combattue et renvoyée par le peuple à son expéditeur, afin que de véritables mesures courageuses soient enfin prises. Nous ne pouvons plus fermer les yeux et nous ne nous laisserons pas berner par les mirages créés par les défenseurs du système actuel. »