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Après plusieurs navettes entre le National et les Etats, la révision de la Loi sur le CO2 reste tout à fait inacceptable pour Ensemble à Gauche comme pour les miltant-e-s de la Grève Climat. Alors que le dérèglement climatique impose des mesures fortes, rapides et à fort impact sur les émissions de gaz à effet de serre, les Chambres se sont limitées à quelques corrections à la marge. « Il est trop tard pour être pessimiste », dénonce Stefanie Prezioso, conseillère nationale Ensemble à Gauche (EàG). EàG s’opposera à cette loi et s’alliera aux mouvements qui la combattent.

Les véritables responsables laissés tranquilles
Les objectifs fixés dans la loi, légèrement plus ambitieux que dans la précédente version, restent largement en-deçà de ce que l’urgence climatique exige. Le principal défaut de la loi réside dans le fait qu’elle ne fait pas porter le poids de la transition écologique sur les principaux responsables de la crise. Elle vise bien plus la population, multipliant les taxes à la consommation, que les entreprises et les marchés. Alors que la place financière suisse pollue 22 fois plus que la population, la nouvelle loi laisse les banques tranquilles… des amendements les invitant poliment de faire un petit effort ayant été rejetés ! De 2016 à 2019, Crédit Suisse a prêté 75 milliards à la filière des fossiles. UBS a multiplié par neuf ses investissements dans le charbon l’an dernier. Trois quart des grandes caisses de pension suisses sont sans politique climatique et investissent encore dans les fossiles. Et la BNS est responsable de 43,3 mios de tonnes d’émissions de CO2 par an, soit quasi autant que la Suisse entière. Les multinationales sont elles aussi largement épargnées par la loi.

Une loi socialement injuste
Bien qu’elle prévoie une rétrocession des deux tiers des taxes (avions, mazout, essence…) à la population et aux entreprises, la loi reste socialement injuste. Elle péjorera avant tout le budget des moins riches… sans effets concrets sur les dysfonctionnements systémiques. Le prix de l’essence augmentera, tout comme les billets d’avions, sans pour autant venir dissuader les privilégié-e-s de polluer sans compter. La grande majorité de la population non fortunée paiera l’addition ! Même constat au sujet des loyers, sur lesquels les propriétaires pourront librement répercuter l’augmentation du prix du mazout ou les rénovations visant à mieux isoler les bâtiments.

La bourse du carbone : un déni de responsabilité
Enfin, la loi pérennise le principe de la Bourse du Carbone, qui permet aux pays riches, responsables de la crise climatique, d’acheter des droits de polluer chez eux en mettant en œuvre des mesures ailleurs… Ensemble à Gauche s’est battu contre la participation à une bourse carbone hautement spéculative et inefficace. Pour nous, les mesures de réduction des émissions doivent être prise en Suisse : permettre de réduire artificiellement nos émissions à travers des actions réalisées à l’étranger ne fait que déplacer le problème et retarder une résolution globale de la crise. Si la Suisse a le devoir historique de participer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans les pays qui souffrent du réchauffement sans en être responsables, elle ne peut le faire en s’économisant d’atteindre sur son territoire la neutralité carbone d’ici 2030.

Une loi qui offre une bonne conscience écologique à l’économie
Alors que la droite du Parlement s’est opposée à une loi qui va selon elle trop loin, nous avons fait de même, seuls à gauche, pour les raisons inverses. Vert-e-s et PS ont préféré défendre une loi « qui va dans le bon sens »… En vérité, les quelques demi-mesures positives comprises dans cette loi offrent à bon prix la majorité politique et aux milieux économiques une bonne conscience écologique… tout en fermant le débat autour de la crise climatique pour plusieurs années. EàG veut que ce débat se tienne dès à présent, qu’il identifie les véritables responsables de la crise et qu’il débouche sur des mesures fortes et coercitives afin de sauver notre planète!