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Deux textes traitant du sucre ont été votés par le Grand Conseil. Le premier d’entre deux, la motion du PDC proposant l’introduction d’une taxe sur la sucre a toutefois été quelque peu chahuté en plénière suite à l’agitation des représentants du commerce de détail et de l’industrie agro-alimentaire, qui estimaient que la santé publique ne valait pas quelques restrictions en matière de composition des denrées alimentaires. Le second texte, une résolution proposée par Ensemble à Gauche afin d’empoigner la problématique du sucre excessif d’une autre manière: à savoir s’attaquer à la racine du mal en s’adressant à l’assemblée fédérale afin que celle-ci légifère dans le but d’abaisser les valeurs maximales de sucre admises dans les denrées alimentaires. Au final, malgré les tentatives du PLR de vider la motion de sa substance, les deux textes ont été acceptés en plénière et un message politique clair a été donné sur la nécessité de baisser la teneur en sucre dans les aliments et sur la prévalence des impératifs de santé publique sur les intérêts économiques privés.

Le sucre est présent dans beaucoup d’aliments naturels. Il est indispensable au fonctionnement des muscles et du cerveau. Ce n’est pas lui l’ennemi. Ce qui est nocif, c’est sa consommation excessive dans les denrées alimentaires transformées où il apparait visiblement ou insidieusement. Les experts n’ont pas de mots assez fort pour décrire le désastre provoqué par cette dernière et surtout les effets qu’elle induit sur la santé des individus et les coûts de la santé.

Or, là, nous nous trouvons face à une situation particulièrement hypocrite : Les méfaits du sucre sont connus, les études orientées financées par le lobby du sucre excessif n’abusent plus personne. Le sucre est clairement identifié comme un « Rehausseur de goût, un cache-misère, un liant, un produit addictif, un ajout superflu dans la majeure partie des cas. Il y a donc urgence à agir sur ce que d’aucuns qualifient de « catastrophe sanitaire ». Les quelques démarches entamées ne visent qu’à gagner du temps et à n’agir que très sectoriellement sur certains produits, et évidemment pas sur ceux qui sont le plus demandés, les plus lucratifs.

L’OMS estime que la ligne rouge est franchie. En 2016 l’OMS lançait un cri d’alerte indiquent que : « la prévalence mondiale du diabète […] a presque doublé depuis 1980, passant de 4,7 à 8,5% de la population adulte… La maladie touche 442 millions de personnes, chiffre qui devrait atteindre 622 millions d’ici à vingt ans, et occasionne 5 millions de décès par an, davantage que le SIDA, la tuberculose et le paludisme réunis. 80% de ces cas pourraient être évités, en particulier par une alimentation équilibrée ».

Le groupe EàG a soutenu la motion 2505 en commission. Du bout des lèvres, il est vrai, de crainte que l’industrie de agro-alimentaire ne reporte cette taxe sur le prix des produits concernés et que finalement la malbouffe, qui touche essentiellement les couches défavorisées, ne finissent au bout du compte qu’à devenir plus chère.

Cependant, notre groupe estime qu’il ne faut bouder aucune piste qui serait de nature à agir sur cette grave problématique de santé publique ; d’autant que la taxe sur le sucre, dont l’instauration est recommandée par l’OMS, a conduit en France et au Mexique les fabricants à abaisser la teneur en sucre de leurs produits.

C’est pourquoi, parallèlement à son soutien à la M2505, le groupe EàG a proposé à la commission une autre manière d’empoigner la problématique du sucre excessif. A savoir s’attaquer à la racine du mal en s’adressant à l’assemblée fédérale afin que celle-ci légifère dans le but d’abaisser les valeurs maximales de sucre admises dans les denrées alimentaires. Cette résolution est devenue une résolution de commission, votée à l’unanimité.

Ainsi, les manœuvres du PLR inféodé aux lobbys du sucre et du commerce de détail ont échoué. Lui qui après avoir soutenu ces deux textes en commission a tourné sa veste et a déposé en plénière deux amendements qui ôtaient tout sens à la motion.

La position groupe EàG est claire. Si l’excès de sucre est nuisible à la santé, alors sans tergiversations il faut réduire la consommation de sucre et sa présence dans les denrées alimentaires. De fait, pour nous lorsque deux intérêts contradictoire s’opposent, en l’occurrence la santé publique et des intérêts économiques privés.  Sans hésitation, l’intérêt public doit prévaloir. Une priorité, qui ne manque pas non plus d’effets économiques sur les intérêts publics, à savoir les coûts de la santé.

Motion 2505-A : pour l’introduction d’une taxe sur le sucre et Résolution 910-A : limiter la teneur en sucre des boissons industrielles et des aliments transformés (Résolution du Grand Conseil genevois à l’Assemblée fédérale exerçant le droit d’initiative cantonale)

Jocelyne Haller