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À la dernière session, consacrée au COVID, Ensemble à Gauche a déposé un projet de loi visant à constituer un fonds social alimenté par un prélèvement unique plafonné à 1% sur la part des fortunes qui dépasse 2 millions de francs. En effet, au cours des douze dernières années pour lesquelles la statistique fournit des chiffre définitifs (2003-2015), les fortunes genevoises se sont accrues de 7,7% par an, alors que les recettes de l’impôt sur la fortune n’ont crû que de 4,9% par an. Par ailleurs, le degré de concentration de la richesse a progressé à tel point, que Genève est aujourd’hui le canton où elle est la plus inégalement répartie de Suisse.

Que représentent en effet ces grandes fortunes qui explosent, si ce n’est un concentré de l’exploitation du travail, dont la part des revenus ne cesse de diminuer dans la richesse créée au profit de celle du capital et de la propriété ? En prenant les chiffres de l’OCDE à témoin, on peut ainsi grossièrement estimer que les salarié·e·s du canton de Genève ont perdu l’équivalent de 3,5 milliards par an par rapport à 1990 et que les propriétaires immobiliers et capitalistes ont accru la leur d’autant. Et dire qu’il se trouve des gens pour pointer du doigt « les trop hauts salaires » de la fonction publique !

Le fonds social COVID que nous avons défendu devait avant tout servir à dédommager toutes les personnes, les salarié·e·s avant tout, mais aussi les petits indépendant·e·s, qui ont perdu une partie ou la totalité de leurs revenus pendant la crise. Il devait aussi servir à prolonger les bourses d’études des étudiant·e·s et apprenti·e·s dont le cursus scolaire a été perturbé par la pandémie et ses restrictions. L’État était supposé avancer l’argent immédiatement et se rembourser sur un prélèvement exceptionnel perçu à l’année fiscale suivant l’adoption de ce texte.

Sans surprise, le parlement a rejeté notre projet. Cela nous détermine plus que jamais à lancer avec d’autres des initiatives populaires pour taxer les grandes fortunes et les gros héritages afin de garantir le développement des services publics et des prestations indispensables à la population, dont les besoins ne vont cesser de croître en raison de la crise.

Jean Batou