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Le Grand Conseil s’est penché sur de nombreux objets en lien avec la crise sanitaire. Une large majorité a systématiquement balayé les mesures d’aide aux salarié·e·s qui ont perdu tout ou partie de leurs revenus et aux petits indépendant·e·s, artisan·e·s et commerçant·es, qui ont été et sont empêchés de travailler, ne gagnent pratiquement plus rien et risquent de perdre leur outil de travail.

Les soutiens à fonds perdus aux entreprises ont été largement acceptés, mais sans aucune garantie contre les licenciements. Ensemble à Gauche défend un programme d’aide ambitieux aux salarié·e·s frappés par la crise. Il faut avant tout défendre l’emploi et les revenus des travailleurs·euses, afin de stopper l’explosion de la précarité et de la pauvreté.

Sur le plan sanitaire, la politique du Conseil d’État s’est révélée extrêmement insuffisante et inefficace. Conséquence : le Canton de Genève s’est vu décerné le titre de région la plus contaminée d’Europe. Un bilan de cette gestion devra impérativement être fait pour mettre en lumière les défaillances du gouvernement. Cette situation est d’autant plus regrettable que Genève bénéficiait de l’expérience préalable de plusieurs pays d’Asie et pouvait se doter des ressources matérielles et humaines pour endiguer l’épidémie.

Le Conseil d’État a fait le choix de se concentrer essentiellement sur la responsabilité individuelle et le contrôle de la vie sociale, en modifiant sans cesse ses consignes. Une stratégie qui a démontré ses limites et dont l’aspect infantilisant a participé à décrédibiliser les mesures sanitaires aux yeux de la population. Elle a d’ailleurs fait le lit de certains milieux, qui nient la gravité de la pandémie et ne cessent de dénoncer des « complots ».

L’exécutif a fait preuve d’un aveuglement incompréhensible par rapport à la situation dans les transports publics aux heures de pointe et sur les lieux de travail, qui restent sans doute des lieux privilégiés de diffusion du virus. Il n’est jamais trop tard pour faire mieux, c’est pourquoi nous demandons instamment le renforcement massif des cellules de dépistage et de traçage, le développement du système de santé public (HUG et Imad), ainsi que des mesures de prévention efficaces pour garantir la santé des travailleurs·euses sur leurs lieux de travail.

Sur le plan économique et social, les aides fournies par l’État sont très largement insuffisantes. Le soutien financier aux entreprises n’est accompagné d’aucune mesure concrète en faveur des revenus et de l’emploi des salarié·e·s. De plus, ces aides financières sont disparates et ne concernent que certains secteurs, laissant de côté la majorité des auto-entrepreneur·euses, des petits indépendant·e·s et des petites entreprises. Ainsi, l’aide aux cafés et restaurants ne permettra d’indemniser qu’une partie des charges et ne prend nullement en compte les revenus des tenanciers·ères. L’aide aux travailleurs-euses précaires qui se retrouvent sans revenu a été renvoyée en commission, malgré l’urgence criante.  Par ailleurs, l’extension des heures d’ouverture des commerces – imposée par le gouvernement – est absurde et injustifiable sur le plan sanitaire. Le Conseil d’État prend prétexte de la crise pour assouplir les réglementations en faveur des salarié·e·s, au mépris de leur santé.

Ensemble à Gauche revendique l’indemnisation à 100% de l’ensemble des salarié·e·s et petits indépendant·e·s victimes de la pandémie, ainsi que le versement de la totalité des salaires de la fonction publique, y compris l’annuité qui est due. Le canton pourrait aisément financer un tel programme en prélevant une contribution unique, plafonnée à 1%, de la part des fortunes qui dépasse 2 millions, ce qui rapporterait 500 millions.