fbpx

Le groupe EàG a déposé une résolution demandant au gouvernement de se positionner en soutien des 7 de Briançon (qui comptent notamment deux Genevois) et contre la criminalisation de la solidarité. La résolution a recueilli une égalité parfaite des voix et le président du Grand Conseil a tranché…pour le non.

Les deux Genevois – Bastien et Théo ainsi qu’une Italienne ont d’abord été arrêté en marge d’une marche de solidarité regroupant près de 200 personnes – dont des migrant-e-s – qui a franchi la frontière franco-italienne. Cette action faisait suite à une provocation du groupuscule d’extrême droite Génération identitaire qui a bloqué la frontière au Col de l’Echelle pour dénoncer l’immigration et répandre un discours ouvertement xénophobe. Les « 3 de Briançon* ont été brièvement incarcérés à la prison des Baumettes avant d’être relâchées mais placés sous contrôle judiciaire. Accusés d’avoir fait entrer des personnes de manière illégale sur le territoire français « en bande organisée », elles encouraient de lourdes amendes et des peines de prison.

Une première audience au tribunal a eu lieu le 31 mai dernier mais le jugement a été reporté, la Cour constitutionnelle ayant été interpellée afin de trancher si le délit de solidarité pour lequel ils étaient accusés était bien conforme à la Constitution. Entre temps, quatre autres personnes ont été interpellées. Les « sept de Briançon » seront jugés le 8 novembre prochain.

La brutalité de cette répression a rapidement suscité une vague de solidarité dans toute l’Europe. D’autant plus qu’elle tranche avec l’impunité totale dont jouissent les membres de Génération identitaire malgré le caractère illégal de leur action. Il est donc vite apparu que le gouvernement français souhaitait faire un exemple pour décourager toute forme de solidarité à l’égard des migrant·e·s. Par conséquent, le procès du 8 novembre revêt un caractère politique évident. On ne peut pas accepter que sept personnes défendant des droits humains élémentaires soient désignés comme boucs émissaires alors même que c’est la politique de l’ensemble de l’Union Européenne et de la Suisse qui est responsable du désastre humanitaire qu’est devenu la gestion des mouvements migratoires.