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A l’initiative d’Ensemble à Gauche, quatre partis représentés au Grand Conseil annonçaient cet après-midi, à quelques heures de la prestation de serment du nouveau gouvernement, le dépôt d’une résolution visant à obtenir du Grand Conseil qu’il réprouve l’acceptation d’un luxueux cadeau par le conseiller d’État Pierre Maudet et son chef de cabinet, à l’occasion de leur voyage à Abou Dhabi à la fin 2015. Ensemble à Gauche, le PS, les Verts et le MCG, qui détiennent une majorité des sièges au Grand Conseil, demandent également la tenue d’une session extraordinaire du législatif afin que cette résolution y soit débattue et votée.

Une session extraordinaire demandée
La présente résolution propose que le Grand Conseil, dans sa fonction de haute surveillance du Conseil d’Etat (art. 94 Cst), réprouve l’acceptation d’un luxueux cadeau par l’un des magistrats en charge, M. Pierre Maudet. En effet, s’il appartient à la justice de conduire à son terme la procédure pénale en cours sans interférence du gouvernement, sur le plan politique et moral il incombe aux député-e-s de réprouver clairement ce comportement d’un magistrat de l’exécutif en exercice… et les atermoiements qui l’ont suivi.

Une violation du RPAC
En acceptant de recevoir un don de plusieurs dizaines de milliers de francs de la part d’un tiers à l’occasion d’un voyage à Abou Dhabi datant de la fin novembre 2015, dont le caractère au moins en partie officiel est incontestable, M. Pierre Maudet et son chef de cabinet ont fait précisément ce que le Règlement d’application de la loi sur le personnel administratif cantonale, du pouvoir judiciaire et des établissements publics médicaux, interdit aux membres du personnel de l’Etat et des entités subventionnées, soit « accepter pour eux-mêmes, ou pour autrui, des dons ou d’autres avantages en raison de leur situation officielle » (art. 25 RPAC).

D’une résolution à l’autre
Les député-e-s des quatre partis susmentionnés demandent aussi que le Conseil d’État prenne toutes les dispositions nécessaires pour qu’il n’y ait aucune interférence du pouvoir exécutif dans cette affaire afin de garantir l’indépendance de la justice. Cette démarche s’inscrit dans la foulée d’une autre résolution qu’Ensemble à Gauche a déposée, dont l’urgence a été votée par les mêmes quatre partis, et qui demande au Conseil d’Etat de confier la présidence du département de la sécurité et la responsabilité de l’Aéroport International de Genève à un autre conseiller d’Etat que Pierre Maudet pendant la durée de l’enquête pénale en cours.

Retrouvez la résolution en cliquant sur ce lien.