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Le Grand Conseil a adopté jeudi soir la résolution R 906, invitant le Conseil d’Etat à demander au Conseil fédéral qu’il délivre un visa humanitaire en faveur de Julian Assange. C’est là un geste symbolique fort en faveur d’un homme qui se bat pour la liberté de l’information et contre la raison d’Etat !

Le travail de Julian Assange doit être salué. Fondateur de Wikileaks, il a permis à des lanceurs et lanceuses d’alertes de diffuser des documents confidentiels issus de l’armée des Etats-Unis d’Amérique, dévoilant des crimes de guerre. Le premier document, « Collateral Murder », était une vidéo prise depuis un hélicoptère de l’armée US à Bagdad  le 12 juillet 2007, hélicoptère tirant et tuant 18 civils, parmi lesquels deux journalistes de l’agence Reuters. D’autres documents fondamentaux concernant l’usage de la torture à Guantanamo et Abu Graib.

Actuellement, Julian Assange est détenu dans le quartier haute sécurité de la prison de Belmarsh, à Londres. Ses conditions de détention font l’objet de dénonciations réitérées de la part d’ONG et du Rapporteur spécial des Nations-Unies sur la torture, Niels Metzler. Les critiques concernent d’une part le régime d’isolement (on sait que l’isolement durable est qualifié de « torture blanche » et laisse des séquelles psychologiques durables), l’absence d’accès suffisant à la promenade et à des activités hors cellule (45 minutes de promenade par jour), l’absence d’accès suffisant aux soins médicaux, et des suspicions d’usage de produits chimiques lors d’interrogatoires. Se pose également la question de la proportionnalité des conditions de détention avec la dangerosité de Julian Assange, puisqu’il n’a jamais utilisé la violence. Les juridictions britanniques examinent actuellement la demande d’extradition présentée par les USA.

Face à cette situation, tout soutient politique est le bienvenu. La Suisse doit exprimer une position divergente des USA, et doit affirmer que la détention de Julian Assange est une détention politique, qui vise à punir un homme qui a permis de dévoiler des crimes d’Etat. Sur le plan cantonal, très modestement, l’acceptation de cette résolution est un signal donné par notre canton. Espérons que d’autres collectivités publiques, régions, cantons, Etats, iront dans le même sens, d’une part pour que les conditions de détention de Julian Assange s’améliorent, d’autre part pour que les USA abandonnent les poursuites contre lui.