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Récemment, la Tribune de Genève révélait les résultats catastrophiques du sondage organisé par la Commission du personnel, qui montre que la police et les policiers vont mal. Quelques jours plus tard, les mêmes problèmes étaient révélés sous un autre angle par la toute récente étude de l’Institut de recherches sociologiques de l’UNIGE, La police en quête de transversalité, Sociograph n° 36, 2018, réalisée à la demande du Département de la sécurité et de l’économie (DSE).

À cela s’ajoute la crise profonde de la police judiciaire, dont le syndicat a récemment rencontré les différents groupes du Grand Conseil, et qui fait l’objet du PL 12218, déposé le 16 novembre dernier, par des députés de deux groupes. Celle-ci vise à exclure l’affectation du personnel de la police judiciaire à d’autres services de la police et vice-versa. Les défauts d’une LPol en rôdage, qui avait suscité de fortes oppositions lors de son adoption au forceps, par 42 voix de majorité (54 après le recomptage) en votation populaire, en 2015 mérite aujourd’hui un premier bilan et des ajustements au vu de l’expérience. Les questions à envisager en priorité sontles suivantes:

1) La transversalité au sein du corps de police ne tient-elle pas compte exclusivement des pénuries de personnel de certains services au détriment des compétences et des souhaits des intéressés?

2) La multiplication des hiérarchies, liée à l’organisation de la police en silos séparés n’entraîne-t-elle pas des coûts et des dysfonctionnements évitables, notamment au niveau de la circulation de l’information?

3) La formation des aspirants policiers par l’Académie de Savatan ne se révèle-t-elle pas aussi coûteuse qu’inefficace?

4) Les mises en cause répétées des acquis sociaux d’un secteur important de la fonction publique, plus que les pertes matérielles encourues, ne participent-elle pas d’une dévalorisation, voire d’une perte de sens de ces professions?

5) Le déni des problèmes rencontrés de la part du DSE et de l’état-major de la police, semble s’inscrire dans un effort de justification d’une réforme qui n’a pas convaincu, alors qu’il faudrait aujourd’hui s’atteler sérieusement à en rectifier pragmatiquement les erreurs.

Pour ces raisons, parce que le DSE s’évertue à nier obstinément les difficultés rencontrées et n’assume pas ses responsabilités en la matière, le groupe Ensemble à Gauche vient de déposer une motion, dont il va demander l’ajout et l’urgence à la session du Grand Conseil des 22-23 mars, afin de donner mandat à la commission de contrôle de gestion de lui faire rapport sur la la crise que traverse la police genevoise, et de lui proposer les moyens adéquats de la conjurer.

Le DSE aurait-il d’autres problèmes d’écoutes ?
Ce même jeudi 22 mars, le député Jean Batou, membtre de notre groupe, interpelle le Conseil d’État par une Question urgente écrite sur la pratique des écoutes téléphoniques dans notre canton. Nous nous interrogeons en particulier sur les liens dans ce domaine entre le DSE, le Ministère public cantonal, les services de la Confédération, et d’éventuels États tiers, suite au licenciement collectif de bagagistes à l’Aéroport international de Genève, en décembre 2015, à propos duquel une procédure est toujours pendante devant le Tribunal Fédéral. Des rumeurs insistantes affirment en effet que des tensions, suivies de mises au point délicates, ont dû intervenir dans ce domaine entre le DSE et certains services de la Confédération à la fin du printemps ou au début de l’été dernier.

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