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Le Département fédéral de l’intérieur a annoncé aujourd’hui une hausse moyenne de 0,5% des primes d’assurance-maladie pour 2021. Pourtant, les compagnies d’assurances ont fait des économies substantielles durant le pic d’épidémie du COVID-19. Cette hausse pèsera lourdement sur la population dont une part croissante souffre de la crise sociale. Ensemble à Gauche se battra au Parlement afin d’empêcher cette hausse et de trouver des solutions à long terme pour baisser les coûts. Nous défendrons un système de santé au service de la population et non de compagnies d’assurance.

La crise du coronavirus aura souligné une fois de plus l’absurdité du système suisse en matière de santé et la nature fondamentalement parasite des compagnies d’assurance maladie. Malgré les primes mirobolantes que celles-ci perçoivent, malgré leurs réserves indécentes, ce sont bien les collectivités publiques qui ont dû assumer l’essentiel des coûts sanitaires de la pandémie. En effet, la participation des compagnies d’assurance aux coûts des hospitalisations COVID-19 est honteusement sous-estimé et il n’existe toujours pas de système de tarification adapté à la réalité. De plus, le report de nombreuses interventions médicales a considérablement réduit les dépenses des assureurs. Une situation qui pourrait d’ailleurs se poursuivre l’année prochaine. De l’avis de la Société médicale de la Suisse romande, qui représente environ 6500 médecins, 2021 aurait dû en effet voir les primes d’assurance maladie baisser d’au moins 4%.

Une hausse déconnectée de la réalité
D’autres arguments plaident en faveur d’une baisse… Tout d’abord, les réserves des caisses ne cessent d’augmenter inutilement, largement au-delà du minimum fixé dans la LAMal. Des records de réserves seront atteints en 2020 sans que cet argent ne puisse servir à baisser les primes. Enfin, le fait que les primes augmentent bien plus vite que les coûts, en raison des réserves mais pas seulement, vient compléter le tableau de l’absurdité de la hausse des primes. Entre 2017 et 2020, les primes ont augmenté de 5,4% alors que les coûts n’ont augmenté que de 2,7%. Une différence plus marquée dans certains cantons comme Vaud, où les primes augmentent en pourcentage presque quatre fois plus que les coûts. A Genève, c’est trois fois plus. Résultat : en 2018, la différence entre les primes payées par les assuré-e-s et les coûts était de 418 francs ! Sur ces dix dernières années, cela représente 500 millions à 1 milliard par an en moyenne. L’inaction du monde politique sur ces multiples scandales n’est tout simplement plus tolérable!

Une seule solution viable : la caisse maladie publique et des primes selon les revenus
Conséquence de l’explosion des primes maladies : trop de personnes précaires n’accèdent plus aux soins. Chez Assura, la caisse la moins chère dans de nombreux cantons, 40% des assuré-e-s n’accèdent jamais au soins. De plus, les primes sont même la 2e cause de surendettement dans le pays. Une solution existe : une caisse maladie unique avec des primes proportionnelles au revenu. Avec une cotisation paritaire de 6.8 % sur les salaires, un-e salarié-e moyen-ne genevois-e cotiserait seulement 248.– par mois. Les enfants et les personnes à l’AVS ou à l’AI seraient exemptées. Il est temps de changer de système!

Ensemble à Gauche déposera sous peu un projet allant dans ce sens au Parlement fédéral, sans illusion toutefois sur ses chances de réussites… la majorité de droite, gangrénée par les lobbies des assurances et décidées à faire de la santé une marchandise, étant prête à tout pour défendre le système actuel!