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Aujourd’hui, le Conseil d’Etat livrait aux représentant-e-s du Grand Conseil sa vision politique et budgétaire pour la législature en cours, en plus du projet de budget 2019. Une présentation dénuée de choix politiques forts et qui fait l’impasse sur le principal enjeu de la législature, à savoir PF17/RFFA. Quant au projet de budget, il s’inscrit dans la continuité des politiques d’austérité de ces dernières années.

Un manque de vision inquiétant
En dévoilant son plan financier quadriennal, le Conseil d’Etat, englué dans la crise Maudet, a démontré son manque de vision pour le développement du canton et se borne à une gestion néolibérale attaquant en premier lieu les travailleurs·euses et les plus précaires. L’absence de projection concernant l’énorme cadeau fiscal aux grandes entreprises prévu par la réforme de l’imposition des entreprises est ressorti de manière criante. Le Conseil d’Etat a d’ailleurs avoué son incapacité à évaluer les effets de cette réforme à moyen terme. Quelle valeur peut avoir un plan quadriennal n’incluant pas la refonte de l’imposition des entreprises pour laquelle le gouvernement se bat, et qui aura un impact déterminant sur les recettes et donc sur la capacité d’agir de l’Etat?

Un plan quadriennal antisocial
Les seules propositions marquantes du plan quadriennal sont une attaque frontale contre les services publics, une mise à contribution des catégories les plus précaires du canton et un report de charges sur les communes. Loin des efforts équilibrés annoncés par le Conseil d’Etat, la fonction publique supporte, à elle seule, près de la moitié des 596 millions d’économies sur les quatre prochaines années (281 mio.). Le Conseil d’Etat prévoit également des économies sur le dos des personnes les plus pauvres : multiplication par quatre de la taxe personnelle (21mio) et réforme de l’aide sociale (45 mio). Enfin, le gouvernement entend confier de nouvelles charges aux communes pour un montant de 90 millions par année.

Un projet de budget à combattre
Le projet de budget 2019 propose essentiellement des mesures d’économie sur le dos des services publics et des prestations. Avec la suppression de l’annuité, la non-indexation des salaires et surtout la mise en place d’un système de dumping salarial au sein de l’Etat (engagement du personnel deux classes en dessous durant les deux premières années), ce n’est pas moins de 78,7 millions que le gouvernement veut économiser. La détérioration inacceptable des conditions de travail se double de mesures directes contre les usager-ère-s, notamment l’augmentation de la contribution personnelle aux soins à domicile (3 mio) et la limitation des accès des élèves résidant en France aux écoles genevoises (0,6mio). Si nous saluons l’engagement de taxateurs supplémentaires, nous déplorons qu’ils soient toujours en nombre très insuffisant pour assurer le respect des lois fiscales par les gros fraudeurs.

Une mobilisation nécessaire
Avec ce projet, le Conseil d’Etat, qui compte pourtant un socialiste de plus, refuse toujours autant de prendre en compte l’augmentation des besoins de la population (vieillissement, paupérisation, besoins accrus de formation). Dans un contexte d’explosion des inégalités sociales, L’Etat devrait au contraire renforcer massivement son rôle de redistribution des richesses dans l’intérêt du plus grand nombre. Ensemble à Gauche s’engage donc à combattre ce projet de budget et les politiques néolibérales qui l’inspirent aux côtés des usager-ère-s et des travailleur-euse-s. La mobilisation sera indispensable pour mettre en échec ces politiques antisociales.