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Le Grand Conseil s’est livré à l’examen des Comptes 2016, qui consiste en un bilan des différentes politiques publiques, un vote d’ensemble sur les comptes de l’Etat au sens strict, ainsi qu’un passage en revue des résultats financiers des principales institutions du Grand Etat. Lors des votes concernant les politiques publiques, Ensemble à Gauche (EàG) s’est refusée à entrer dans le petit jeu des partis en sanctionnant tel ou telle conseillers-ère d’Etat en fonction de son affiliation partisane. C’est au moment du vote final du rapport de gestion du Conseil d’Etat qu’EàG s’est opposé fermement à la politique d’austérité du gouvernement, celle des caisses vides et de la gestion de la pénurie, qui en découle. Au vote final, le rapport de gestion a tout de même passé la rampe, mais à la raclette, avec la note médiocre de 44 député-e-s pour et 39 contre.

Comptes 2016 : le Conseil d’Etat au-dessus des lois
En 2016, le gouvernement a dû manœuvrer dans la foulée du puissant mouvement social de l’automne 2015. « Il ne fait aucun doute que la mobilisation des salariés du secteur public et subventionné, mais aussi des usagers, a réussi à placer le Conseil d’État sur la défensive, le forçant à mettre passablement d’eau dans son vin », analyse Jean Batou, député EàG. « Pour autant, le gouvernement a tout de même tiré parti des marges de manœuvre dont il disposait pour appliquer une partie de son programme d’austérité contre vents et marées. » En renonçant à présenter un projet de budget amendé au Grand Conseil au printemps 2016, il a opté pour une année entière en douzièmes provisoires, ce qui lui a permis de se passer durablement de l’aval du parlement. Abusant de ce pouvoir discrétionnaire, il s’est même soustrait à ses obligations légales : d’abord en maintenant la suppression des annuités 2016, en dépit du vote contraire du Grand Conseil ; ensuite, en imposant des coupes linéaires aux entités subventionnées, en dépit des prescriptions de la loi, comme l’a montré clairement un avis de droit demandé par la commission des Finances. « Il ne faut pas s’y tromper, le recours à de telles manigances constitue un aveu de faiblesse. »

Le coût de l’austérité
À ce prix, le Conseil d’Etat a pu déposer des comptes 2016 dans le vert : un excédent de 61 millions et une réduction de la dette cantonale de 300 millions qui feront plaisir aux esprits comptables. « Ces chiffres positifs cachent une triste réalité ! », dénonce Jocelyne Haller. « Derrière l’excédent de 61 millions se cachent des baisses des prestations sociales dans les domaines des soins, de la formation, du logement, de l’aide sociale, mais aussi une attaque flagrante aux conditions de travail du secteur public et subventionné ainsi que des investissements nets en recul qui traduisent des retards dans la réalisation de projets importants pour la population (transports, hôpital, logement social, université, etc.). » Autre information lisible en filigrane : la hausse annuelle de 9% des recettes de l’impôt sur les gains immobiliers et de 6% sur les personnes morales qui montre que les privilégié-e-s de ce canton ont continué à faire d’excellentes affaires. En même temps, par contre, le produit de l’impôt sur les personnes physiques a reculé de 1%, parce que ce sont avant tout les salarié-e-s et les retraité-e-s qui ont payé la facture du franc fort. « Ces chiffres parlent d’eux-mêmes », réagit la candidate au Conseil d’Etat. « Si la crise représente bel et bien de l’histoire ancienne pour les nantis, les précaires et la classe moyenne la subissent encore de plein fouet ! »

Et le sabordage fiscal va continuer, avec de terribles conséquences pour la population !
Alors que le gouvernement préparait en 2016 un nouveau cadeau fiscal d’envergure dans le cadre de la RIE III cantonale, la détermination de la population à défendre les services publics et les prestations sociales a conduit au refus de cette réforme dans les urnes le 12 février dernier. Pourtant, dans le cadre du nouveau projet RIEIII, renommé PF 17 le vote du peuple n’a pas été entendu et une baisse de l’ordre de 600 millions des recettes fiscales sur les personnes morales est prévue. Le Conseil d’État poursuit donc inexorablement, au mépris de la démocratie, une politique favorisant les privilégié-e-s… et le creusement des inégalités sociales ! « EàG s’engage à poursuivre sa lutte pour plus de redistribution des richesses afin de lutter efficacement contre la précarisation d’une part grandissante de la population genevoise », assure Jocelyne Haller. « Il ne faut pas se leurrer ! De l’argent, il y en a, dans les poches des privilégié-e-s ! »