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Le crédit d’investissement de 122 millions destiné à de nouveaux tronçons routiers a été refusé. Ainsi, les projets L1-L2 qui visaient à capter le trafic automobile au pied du Salève et à le rediriger au sud de Lancy par la construction de nouvelles routes ne verront pas le jour. Ce vote du Grand Conseil préserve la qualité de vie des habitant-e-s, la faune et la biodiversité de cette partie du territoire. Il constitue aussi un signal en faveur de la mobilité douce qui peine à se développer à Genève, alors qu’objectivement les projets qui la concernent coûtent bien moins chers et apportent un soulagement concret.

Avec les projets L1-L2, il était clairement envisagé, au nom de la bagnole, de massacrer froidement des pans entiers d’espaces verts et la faune qui s’y trouve. Les milieux aquatiques, les cours d’eau auraient été malmenés, fragmentés, détournés dans des conditions qui semblent peu compatibles avec les précautions à observer dans une réserve naturelle, par ailleurs considérée comme une zone d’importance nationale pour la préservation et la reproduction des batraciens. La question des batraciens est d’ailleurs emblématique du peu de cas qui a été fait des atteintes à l’environnement car aucune association de spécialistes en la matière n’avait été consultée.

Quoi qu’il en soit, si l’on peut se réjouir que la nature obtienne un sursis, il convient maintenant d’entériner le fait que les pénétrantes et autres routes qui découpent le territoire cantonal en détruisant au passage les milieux naturels n’apportent aucune solution en termes de mobilité et de diminution des nuisances dues au trafic automobile. Tout nouveau projet routier, jonction autoroutière, route de contournement, etc. qui prétendrait apporter un soulagement du trafic automobile sera donc illégitime. En revanche, des investissements importants dans les infrastructures de mobilité durable doivent maintenant être proposés pour que Genève ait, notamment, un réseau de transports publics nettement amélioré et des pistes cyclables dignes de ce nom.

Le refus du parlement par 52 voix contre 43 de ce crédit est certes une victoire dictée par une certaine prise de conscience, mais il est clair que la droite, qui n’a pas encore franchi le pas et se refuse d’admettre que l’ère de la voiture est révolue, rumine des projets qui, si cela se trouve, seront encore plus abracadabrants que ces vieilleries de L1-L2 datant des années soixante…

Olivier Baud

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