fbpx

Une fois encore le groupe EàG a refusé les rapports de gestion de l’Hospice général (HG) pour les années 2017 et 2018. Il ne s’agit pas pour notre groupe d’incriminer cette institution et de lui faire porter la responsabilité de la détérioration des prestations aux usagers·ères. Pour nous, il est indispensable d’identifier les facteurs à l’origine de la difficulté de l’HG de mener à bien sa mission et de répondre comme il le devrait aux besoins des populations en difficultés. Mis sous pression depuis près de 20 ans par des politiques de restrictions budgétaires, l’HG est forcé à s’adapter aux moyens du bord et à transiger avec ses fondamentaux. C’est ce que notre groupe a mis en question. C’est la responsabilité du Parlement dans la baisse de qualité des services publics qu’il a tenu à mettre en lumière par ces refus.

Les représentant·e·s de l’HG ont eux-mêmes déploré le constat qui s’impose d’une demande sociale en constante augmentation, d’une aide sociale à deux vitesses : à savoir, soit une réinsertion, soit un cumul des facteurs de pauvreté qui fait que les bénéficiaires restent longtemps à l’aide sociale. Ils constatent par ailleurs que l’augmentation de la durée de l’aide sociale perdure. Ils relèvent également un vieillissement de la population à l’aide sociale, qui met en lumière la difficulté de se réinsérer pour les plus de 45 ans.

Si l’on a pu percevoir de la part de l’HG une réelle volonté de transformer les pratiques institutionnelles et d’être mieux à l’écoute des usagers·ères, le constat demeure que cette intention peine à se matérialiser.

Après diverses auditions qui ont mis en évidence les entraves qui s’imposent à l’HG dans l’accomplissement de sa mission et la profonde insatisfaction exprimée par de nombreux acteurs de terrain à propos de la péjoration de la qualité de l’accompagnement social, une majorité de la commission s’est positionnée en faveur d’un refus de ces deux rapports de gestion. Non pour stigmatiser l’HG, mais pour ne pas occulter la perte de qualité et de quantité des prestations qui l’affecte depuis de nombreuses années. Et marquer un désaccord sur la manière dont cette institution a adapté ses pratiques au fil du temps, en fonction des moyens limités qui lui étaient octroyés et de ses adaptations à un contexte économique et social de plus en plus excluant pour les membres les plus fragiles de la société.

Ainsi donc, au contraire de ce que d’aucuns voudraient peut-être faire croire, ce refus n’est pas un réquisitoire contre l’HG. Il est l’expression du souhait de voir les moyens donnés à ce dernier de rattraper le déficit de sens et d’expertise dont il a été amputé ces dernières années.

Jocelyne Haller