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Le Grand Conseil a accepté avec une facilité déconcertante une enveloppe de plusieurs dizaines de millions en faveur des entreprises, sans efficace mesure de protection des salaires et de l’emploi. Ceci au moment même où elle impose une énième cure d’austérité aux usagers-ères et au personnel de la fonction publique. Ensemble à Gauche a tenté en vain d’introduire des contraintes pour empêcher les licenciements et imposer le respect de la règlementation du travail dans les entreprises bénéficiant de ces aides. Alors que la crise sociale s’aggrave, il est préoccupant de constater l’indifférence du gouvernement et de la majorité du parlement aux besoins de la majorité de la population.

Le parlement s’est penché sur des aides financières en faveur des entreprises actives dans des secteurs particulièrement sinistrés : agences de voyage, hôtellerie, transports professionnels des personnes, commerces de l’Aéroport, évènementiel, forain-e-s et magasins de souvenir.

Ensemble à Gauche ne remet pas en cause la nécessité d’aider les secteurs durement touchés par la crise, en particulier les petites entreprises et les indépendant-e-s. Mais il semblerait légitime et opportun, dès lors que des dizaines de millions sont investis – à fonds perdus – par l’Etat, que des conditions, en termes de préservation de l’emploi et des revenus, soient posées aux bénéficiaires de ces aides. C’est pourquoi nous avons proposé d’inscrire dans les projets de loi l’obligation de respecter: les conventions collectives de travail, les usages professionnels des secteurs d’activités en question, les contrats-types et le salaire minimum, et l’interdiction des licenciements pour les entreprises bénéficiant des aides financières, durant toute la période de l’aide et les 6 mois qui suivent.

Face au refus de ces amendements, EàG a proposé une condition minimale consistant à garantir des plans sociaux en cas de licenciements collectifs, ainsi que la consultation des travailleurs-euses. L’ensemble de ces revendications ayant été balayées, EàG a refusé l’ensemble des projets de loi.

Le Conseil d’Etat et la majorité de droite ont donc clairement choisi de sauver certaines entreprises en sacrifiant les revenus et les emplois des salarié-e-s. Face à cette indifférence au sort des salarié-e-s, mais aussi de nombreux indépendant-e-s et petits commerçants qui ne bénéficient d’aucune aide. Il est urgent de mobiliser tous les acteurs concernés par la défense des intérêts des salariés-e-s.

Sans une action forte et rapide de l’Etat, de larges couches de la population, qui se trouvent déjà depuis les incidences de la première vague en grandes difficultés, se verront enferrées dans une précarité systématique. Les conséquences délétères pour des milliers de personnes, de même que les coûts humains et sociaux pour le canton, s’avèreront lourds et durables.

Mais l’histoire ne s’arrête pas avec les votes du Grand conseil sur ces objets, car d’autres textes du même ordre sont encore en traitement prioritaire à l’ordre du jour de la commission de l’économie et ne manqueront pas de revenir, les 3 et 4 décembre, lors de la deuxième partie de la session en cours. Ils risqueront fort de montrer comment peut s’illustrer la politique de deux poids deux mesures, pratiquée par la majorité de droite du parlement.