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Un hommage sincère à Ensemble à Gauche a été prononcé vendredi, en fin de session, au Grand Conseil, par Alexandre de Senarclens, député PLR. Le parlement traitait d’un PL d’EàG demandant que les revenus des actionnaires soient imposés à 100% comme le sont les rentes AVS ou les salaires.

C’était un projet de loi, de nature à rapporter une centaine de millions de francs par an à la collectivité… pour servir au maintien du service public et aux prestations sociales et écologiques.

C’est un député PLR, assez las et désabusé, qui a prononcé les paroles suivantes:

Mes interventions aujourd’hui se suivent et se ressemblent, je ne vais pas parler du fond une fois de plus, c’est un sujet connu, archi-connu… je me répète après RIE3, après PF 17, après RFFA, après l’IN Zéro pertes le 31 octobre, après le PL 12223 dont on vient de parler, voilà que l’on relance le sujet de l’imposition des entreprises. [NB ce n’est pas exact, il s’agissait de l’imposition des actionnaires à 100%]

[…] Ce que j’aimerais dénoncer c’est la méthode, c’est cette sorte de guérilla parlementaire qui nous est imposée par l’extrême-gauche, cette sorte de flibuste et certains pourraient en rire, Monsieur Batou je vous vois rire… Mais cela a des énormes conséquences, tant sur le parlement qui est tiré vers le bas, que plus globalement sur nos institutions qui sont tout simplement détournées, qui sont bloquées, l’ordre du jour gonfle, les débats deviennent totalement inutiles et Ensemble à Gauche, dans une stratégie perverse, voire machiavélique, entraîne avec elle/lui les Verts et un PS qui a peur d’être dépassé par la gauche et se sent obligé de cautionner ces projets de lois.

Dans ces conditions il ne faut pas s’étonner que les citoyen·ne·s se détournent de la politique, qu’il soit difficile de motiver des personnes à s’engager, que des parlementaires démissionnent, je pense en particulier à l’une des dernières démissions que nous avons eu au sein du PLR d’un entrepreneur qui a peut-être constaté, après quelques années, qu’il avait une entreprise à faire vivre, des salaires à verser, et qu’il avait peut-être bien mieux à faire que de ressasser toujours les mêmes sujets et qui s’est certainement lassé…

Alors mon but, le but de mon intervention, n’est pas de vous convaincre Monsieur Batou – vous transmettrez M. le Président – ni même de convaincre Ensemble à Gauche, mais peut-être de sensibiliser des partis un peu plus raisonnables, je pense aux Verts, et au Ps, pour leur demander d’éviter de tomber systématiquement dans cette stratégie, dans ce bateau…

Par ces paroles, cet ancien président du PLR, désabusé et peut-être sur le point lui aussi de se « détourner de la politique » – met en exergue les qualités du combat que mène EàG au Grand Conseil – comme aussi en utilisant les instruments de la démocratie directe comme l’inititaive et les référendums.

Il parle de guérilla, ce n’est pas faux. Nous sommes – en général – en infériorité numérique au parlement, mais nos attaques répétées tapant sur le clou des inégalités les plus crasses, du refus inconditionnel des cadeaux insensés faits aux riches… ceci dans tous les domaines, produisent des effets, décrédibilisent non pas nos institutions, mais les parlementaires dont c’est le métier de les défendre. Il arrive aussi parfois, qu’en ralliant un maximum de forces nous reportions des batailles : comme celle sur la CPEG ou sur le logement à travers l’IN 161 adoptée ce week-end.

Si on arrive même à dégoûter, non pas les citoyen·ne·s, mais des membres du PLR en les conduisant, comme allègue De Senarclens, à renoncer à leur engagement politique… n’est-ce pas pour toute la gauche une excellente chose ?

Il est juste de dire aussi que sans notre présence, sans nos propositions de lois, que sans nos interventions… Le PS et les Verts… seraient sans aucun doute bien plus «raisonnables» du point de vue du PLR et ouverts aux positions de la droite. En ralliant les Verts et le PS à des positions de gauche, en consolidant celles-ci parfois, nous faisons œuvre utile, nous jouons pleinement le rôle qui est le nôtre, que nous nous sommes donné et qu’attendent incontestablement nos électeurs·trices.

Ce n’est ni « pervers », ni « machiavélique », c’est un rôle que nous avons joué sans répit depuis l’entrée de l’Alliance de Gauche au Grand Conseil en 1993… jusqu’à notre retour dans celui-ci en 2013 après deux législature d’absence. C’est un rôle que nous assumons pleinement.

Merci à Alexandre de Senarclens de l’avoir si bien compris… et expliqué !

Pierre Vanek