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Nous reproduisons ici le communiqué de presse du comité de soutien à l’initiative pour le remboursement des soins dentaires.

Le Comité de soutien à l’initiative pour le remboursement des soins dentaires, composé des partis de l’Alternative (EàG, PS, les Verts), des syndicats, et de nombreuses associations, a lancé sa campagne aujourd’hui ! Après le dévoilement d’une majestueuse dent, mascotte de la campagne, les nombreux arguments en faveur d’une assurance publique et solidaire pour le remboursement des soins dentaires ont été exposés. Ce comité, qui se veut le plus large possible, a également lancé un appel des professionnels de la santé et du social appelant à voter OUI le 10 février.

En effet, cette assurance qui couvrirait les soins prodigués par les dentistes et les hygiénistes, tels que notamment le soin des abcès et des caries, les couronnes, les détartrages et l’orthodontie, répondrait à un véritable problème de santé publique tout en soulageant le porte-monnaie de la classe moyenne et des personnes dont les revenus sont plus modestes. Des personnes âgées aux personnes en situation de handicap et de la classe moyenne aux plus précaires, une très grande majorité de la population en bénéficiera. « Alors que l’initiative, lancée par le Parti du Travail (PdT), a recueilli quelques 18’000 signatures, c’est confiant que le Comité de soutien lance sa campagne », indique Quentin Stauffer du PdT.

Le système actuel ne convient pas
Aujourd’hui, selon les statistiques, environ 20% de la population renoncerait à des soins dentaires à cause des coûts trop élevés et ce chiffre monte jusqu’à un tiers dans les milieux les plus défavorisés. Avec ses coûts exorbitants, notre système de santé bucco-dentaire n’est de loin pas accessible à toutes et tous. « Cela contrevient aux exigences de notre Constitution: garantir un droit à des soins médicaux essentiels et un accès équitable à des prestations de qualité pour toutes et tous », rappelle Davide De Filippo, co-secrétaire général du SIT.

Aujourd’hui, de nombreuses familles, notamment de la classe moyenne, sont contraintes de fractionner leurs factures de dentiste. En effet, lorsqu’il y a plusieurs enfants, il est difficile financièrement d’assurer en complémentaire dentaire ou encore de payer les différents frais accumulés d’un coup. Une étude récente stipulait qu’une famille suisse sur cinq de la classe moyenne n’était pas apte à faire face à un aléa de 2500 francs sans emprunter ou faire appel à la solidarité familiale ou associative.

Au-delà de la responsabilité individuelle
La bouche fait partie inté­grante de notre corps et les problèmes bucco-­dentaires ont un impact sur notre santé générale. Ils augmentent le risque de maladies cardio­vasculaires, de désé­quilibre d’un diabète ou d’accouche­ments prématurés. « Un mauvais traitement de problèmes dentaires peut avoir des conséquences dramatiques sur la santé », clame Isabelle Descombes, de l’Association des familles monoparentales. « Et l’inverse est aussi vrai. De nombreuses maladies chroniques prédisposent à des problèmes dentaires. Bien se brosser les dents ne suffit donc pas dans de nombreux cas. » En effet, une bonne hygiène bucco-dentaire n’offre pas la garantie d’avoir une dentition saine. De nombreux facteurs, génétiques ou liés à l’âge et à la santé globale, ont une influence directe sur notre dentition. Le diabète, certains traitements pour l’hyper­tension et la dépression, ou encore les chimio­thérapies, augmentent le risque de problèmes bucco-dentaires.

L’assurance publique et solidaire pour les soins dentaires s’impose
Contrairement à ce que prétendent les opposants, il n’y aura ni taxe, ni prime, ni impôt supplémentaire, pour la simple raison que l’initiative ne propose en aucun cas de requérir à ces types de financement. L’assurance pour le remboursement des soins dentaires reprendra le modèle sûr et solidaire de l’AVS, à savoir celui des cotisations sociales paritaires. Guilhem Kokot, du Parti socialiste, explique le mécanisme de financement : « Il s’agira d’une retenue sociale sur les salaires, tout comme dans le cas de l’assurance-maternité. Elle est donc solidaire : chacun contribuera selon ses moyens et accèdera aux soins selon ses besoins. Une cotisation de 0,5% sur le salaire – 0,25% employé / 0,25% employeur -, ainsi qu’une participation de l’Etat, permettront de garantir l’accès aux soins. » A titre d’exemple, avec une retenue de 12,5 francs par mois sur son salaire, un-e salarié-e touchant un salaire mensuel de 5000 francs profiterait d’une couverture des soins dentaires incluant ses enfants et ses parents à la retraite. C’est le modèle inverse de l’assurance-maladie (LAMal) qui impose des tarifs fixes et, de surcroît, avec des franchises.

Faire baisser les coûts de la santé, avec une meilleure prévention
Cette initiative peut servir de modèle politique afin de sortir de la spirale infernale des tarifs dissuasifs qui empêche les personnes de consulter à temps. Effectivement, cette initiative repose sur trois principes de base : un programme de santé publique, une assurance universelle couvrant les traitements et un programme de prévention. La prévention est fondamentale en matière de santé publique, c’est même un investissement sur le long terme. « Un dépistage démontre un besoin mais n’en garantit pas la prise en charge. Cette initiative est donc une incitation supplémentaire » selon Marjorie de Chastonay, députée Verte. A moyen long terme, l’accès à des soins dentaires de qualité permettra de faire baisser les coûts de la santé en général.

Assurer le remboursement des soins dentaires allègera les charges de l’Etat qui subventionne de nombreux traitements dentaires pour les personnes qui dépendent de l’Hospice générale. Il en va de même concernant les prestations complémentaires. En effet, si les soins dentaires sont effectués à temps et remboursés, l’Etat n’aura plus à les ajouter à sa charge et toute la population y gagnera.

A la conquête d’une assurance sociale pour le bien de toutes et tous, Genève peut être précurseur d’une nouvelle assurance sociale à étendre au niveau fédéral, tout comme l’assurance-maternité l’a été. « La santé est un droit et le rôle de l’Etat est de garantir un accès aux soins pour toutes et tous. La grande majorité de la population y gagnera! Une bouffée d’oxygène pour les revenus précaires et la classe moyenne, enfin! », conclut Jocelyne Haller, députée Ensemble à Gauche.