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Le 16 mars, le Conseil fédéral a déclaré la “situation extraordinaire”. Les mesures sanitaires annoncées ne vont pas assez loin et arrivent avec plusieurs jours de retard. Alors qu’un dispositif de soutien à l’économie a été annoncé, Ensemble à Gauche réclame que des mesures sanitaires et sociales ambitieuses soient prises immédiatement.

Conformément à la loi sur les épidémies, le Conseil fédéral a déclaré la “situation extraordinaire”. Il s’agit maintenant d’aller beaucoup plus loin et de ne laisser se rendre sur leurs lieux de travail que les personnes indispensables au bon fonctionnement des services publics essentiels, en particulier de la santé et à l’approvisionnement de la population. Ce n’est pas l’option prise par les autorités fédérales, alors que la pandémie flambe toujours et que le risque de surcharge des hôpitaux s’accroît de jour en jour.

La lenteur et les hésitations du Conseil fédéral reflètent son obsession pour les conséquences d’un plan d’action radical pour les entreprises privées, alors que l’inaction risque de coûter chaque jour plus cher à la population en termes de souffrances et de pertes humaines.

En cette période particulièrement difficile, la défense prioritaire du bien commun devrait être la seule ligne de conduite. Il est juste de faire appel à la responsabilité citoyenne, mais il importe aussi que le Conseil fédéral et toutes les autorités prennent leurs responsabilités dans la résolution de cette crise sanitaire. La Suisse a largement les moyens d’un plan de développement massif de la santé publique et des prestations sociales.

Une priorité à la défense du bien commun, cela signifie :

  1. La garantie de l’approvisionnement suffisant, la gratuité et la diffusion à l’ensemble de la population des moyens de protection, des tests et des traitements disponibles contre COVID-19. Pour cela, le gouvernement doit réquisitionner les moyens industriels nécessaires, notamment ceux de l’industrie pharmaceutique, pour qu’ils travaillent en priorité sur la production de masques, de tests et de médicaments indispensables à la lutte contre la pandémie.
  2. La distribution des tests et traitements nécessaires dans la lutte contre COVID-19 aux moindre coûts, en recourant à la licence obligatoire (suspension des droits liés à la propriété intellectuelle). La puissante industrie pharmaceutique suisse qui vient de bénéficier d’allègements fiscaux massifs au titre de RFFA ne doit pas tirer d’énormes profits supplémentaires de la crise sanitaire.
  3. Le renforcement massif du service public de la santé afin de garantir un droit au meilleur traitement pour toutes et tous et des conditions de travail acceptables et sûres pour les personnels concernés.
  4. La défense des droits des salarié·e·s face à l’épidémie : garantie du versement du salaire et interdiction de licencier les personnes malades ou empêchées de se rendre à leur travail à des fins préventives tant que dure l’épidémie. Protection des personnes vulnérables par le recours au télétravail ou libération de l’obligation de travailler avec maintien du salaire.
  5. La protection et la garantie du salaire pour les travailleurs-euses précaires, plus exposé·e·s que les autres, en particulier les artistes et autres intermittent·e·s du spectacle ainsi que les sans-papiers, femmes et hommes, renvoyés du jour au lendemain sans aucune ressource, faute d’exister pour une assurance chômage à laquelle ils ont bien souvent cotisé.
  6. La réquisition et le contrôle sanitaire par les pouvoirs publics des services de livraison « ubérisés» pour protéger les travailleurs·euses et les personnes qui y font recours.
  7. Une baisse de loyer de 25% accordée à tous les locataires au titre de la solidarité des propriétaires et la suspension de toute mesure d’évacuation jusqu’à la fin de la crise. Chacun·e est aujourd’hui assigné à domicile et doit pouvoir y rester et s’y sentir en sécurité.
  8. Un moratoire sur les décisions de renvoi ainsi que sur l’exécution des renvois de personnes étrangères. La suspension de toutes les mesures de contraintes à l’égard des étrangers·ères en situation de séjour irrégulière, en particulier libération de toutes celles et ceux qui sont en détention administrative.
  9. La mise en œuvre systématique de mesure de substitution à la détention provisoire avant jugement et la libération conditionnelle des condamné·e·s au 2/3 de l’exécution de leur peine.
  10. En cette situation de confinement, les femmes victimes de violence domestique doivent plus que jamais avoir la garantie  de trouver une place dans les structures d’accueil.
  11. Une assurance maladie pour toutes et tous avec des cotisations paritaires proportionnelles aux salaires, sur le modèle de l’AVS. Dans l’immédiat, une suspension des franchises et quotes-parts à la charge des patient·e·s, qui devront être prises en charge par l’impôt.
  12. Un renforcement massif de l’AVS pour faire face à la dégringolade prévisible du 2e pilier, causée par l’effondrement des marchés financiers. Vers une intégration du 2e pilier à l’AVS avec garantie des acquis.
  13. Un plan national public de recherche sur les maladies à virus et leur développement. Les gouvernements ont refusé de financer la recherche sur les coronavirus, pourtant au cœur de la préoccupation des experts depuis le début des années 2000. Les conséquences sont aujourd’hui sous les yeux de toutes et tous.
  14. L’engagement de la Suisse en première ligne dans la mise en place d’un plan d’urgence pour le climat et la défense de la biodiversité, seul moyen de freiner le développement de catastrophes annoncées, dont les nouvelles pandémies sont un aspect.
  15. Le financement de toutes les dépenses supplémentaires liées à la crise sanitaire en cours par un impôt national de solidarité fortement progressif.